Israël interdit l'entrée sur son territoire à plusieurs responsables politiques de la gauche française

Israël interdit l'entrée sur son territoire à plusieurs responsables politiques de la gauche française

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BLOQUÉS - Ces personnalités politiques, dont les députés Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier, comptaient se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens pour "alerter sur la situation des près de 6.000 prisonniers politiques palestiniens". Ils n'ont donc pas pu.

Les autorités israéliennes ont indiqué lundi 13 novembre qu'elles refuseront l'entrée sur leur territoire à des élus de gauche français qui disaient vouloir rencontrer le dirigeant palestinien emprisonné Marwan Barghouthi. "Nous n'autoriserons pas l'accès au territoire à ceux qui appellent activement à s'en prendre à Israël, en particulier quand ils demandent à rencontrer et à conforter un fieffé meurtrier comme Barghouthi, incitant ainsi à soutenir le terrorisme", a indiqué le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan dans un communiqué de ses services et du ministère de l'Intérieur. Les autorités israéliennes recommandent donc par avance aux élus français "de ne pas prendre l'avion du tout".

Marwan Barghouti, "le Mandela palestinien" pour ses partisans

Des élus français du Parti communiste et du parti de la France Insoumise, dont quatre députés, ont indiqué dans un communiqué qu'ils comptaient se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens du 18 au 23 novembre pour "alerter sur la situation des près de 6.000 prisonniers politiques palestiniens". La délégation disait également vouloir rencontrer Marwan Barghouthi, haut cadre du Fatah emprisonné depuis plus de quinze ans par Israël. Parmi eux les députés LFI Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, les députés européens Pascal Durand (Verts/Alliance libre européenne) et Patrick Le Hyaric (PCF). La délégation était également constituée des maires communistes Azzedine Taibi (Stains), Eric Roulot (Limay) et Patrice Leclerc (Gennevilliers).

Marwan Barghouthi est considéré comme un "terroriste" par l'Etat hébreu qui lui a infligé cinq peines de prison à perpétuité pour meurtres pour son rôle dans la seconde Intifada (soulèvement palestinien entre 2000-2005). Il est au contraire surnommé "le Mandela palestinien" par ses partisans.

Un "déni de démocratie et de liberté"

La délégation française souhaitait aussi rencontrer l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative en Israël depuis le 23 août. Il fait l'objet d'un ordre de détention administrative de six mois, confirmé le 22 octobre à la Cour suprême de Jérusalem, un régime de détention drastique et controversé qui permet à Israël de priver de liberté des personnes pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment sans leur en notifier les raisons. 

Le Quai d'Orsay s'est dit fin octobre "préoccupé" par sa situation en s'étonnant de ne pas avoir connaissance des charges retenues, et a "espéré" sa libération.

Dans un communiqué, La France insoumise a dénoncé après la déclaration israélienne un "déni de démocratie et de liberté" qui est "aussi consternant qu'inacceptable". Le mouvement, dont quatre députés doivent participer au voyage, Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier, appelle "le président de la République, le gouvernement et le président de l’Assemblée nationale à intervenir pour que cette menace d’interdiction ne soit pas rendue possible", estimant qu'"il en va de la démocratie et de la paix".

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