Israël : la colère des migrants africains à Tel-Aviv

Israël : la colère des migrants africains à Tel-Aviv

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IMMIGRATION - Des milliers de demandeurs d'asile africains entrés clandestinement en Israël se rassemblent depuis trois jours dans le centre de Tel-Aviv. En cause, la politique israélienne d'immigration, durcie ces dernières années.

Une colère intacte après trois jours à battre les pavés de Tel-Aviv. Des milliers de demandeurs d'asile africains ont surpris les autorités en lançant un mouvement sans précédent pour fustiger la politique migratoire d'Israël . Une question sensible dans une société où les règles en la matière ne cessent d'être durcies.

Les manifestants, originaires principalement du Soudan et de l'Érythrée, ont défilé mardi dans le calme en brandissant des pancartes "Nous sommes des réfugiés" et "Assez de prison". Les mêmes slogans ont été brandis dimanche quand 30.000 personnes se sont massées sur la place Yitzhak Rabin. Un chiffre impressionnant, surtout quand on sait que les autorités évaluent à quelque 60.000 le nombre d'Africains entrés clandestinement en Israël. Un sujet longtemps tabou au sein d'une classe politique qui peine désormais à cacher son embarras.

Un arsenal répressif contre les vagues de migrants

Le député et ex-ministre de l'Intérieur Elie Yishaï, du parti religieux ultra-orthodoxe Shass, a affirmé que "cette manifestation était un signal d'alarme pour agir contre les clandestins", ajoutant que Tel-Aviv était devenue selon lui une "ville africaine". "L'Etat d'Israël et les autorités judiciaires et policières doivent utiliser tous les moyens à leur disposition pour renvoyer les clandestins dans leur pays", a-t-il prôné, cité par le site du quotidien Maariv.

Le pays a pourtant développé un arsenal répressif pour endiguer les vagues de migrants à ses frontières : en 2012, une campagne a abouti au départ ou à l'expulsion de 3 920 d'entre eux. Israël a également achevé en 2013 la construction d'une clôture électronique le long des 230 km de frontière avec l'Egypte, réduisant pratiquement à néant le nombre d'entrées clandestines. Mais c'est l'adoption le 10 décembre d'une loi autorisant le placement en rétention sans procès jusqu'à un an des immigrés clandestins qui a mis le feu aux poudres.

Après le vote de ce texte, un centre de détention surnommé "Holot" - "sable", en hébreu - a aussitôt été ouvert dans le sud d'Israël. Accueillant dans un premier temps 484 immigrés illégaux, il est destiné à recevoir 3 000 personnes, et peut être agrandi afin d'en accueillir près de 11.000. Une capacité d'accueil destinée selon les autorités à faire face à l'afflux croissant de migrants depuis dix ans. En cause : le durcissement de la politique migratoire dans l'Union Européenne, faisant d'Israël une alternative pour des milliers de réfugiés. Au grand dam des autorités : une députée du Likoud, le parti de droite de Benyamin Netanyahu, Miri Regev, a assimilé en 2012 les clandestins à "un cancer qui prolifère".

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