Israël : Netanyahu met en doute l'impartialité française devant Ayrault

DIPLOMATIE - Alors que Jean-Marc Ayrault rencontrait Benjamin Netanyahu pour relancer le processus de paix, le Premier ministre israélien a mis en doute l'impartialité de la France.

Devant le chef de la diplomatie française, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en doute, dimanche 15 mai, l'"impartialité" de l'initiative de Paris pour relancer l'effort de paix avec les Palestiniens, en brandissant un récent vote de la France à l'Unesco.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s'est rendu ce dimanche à Jérusalem et Ramallah pour présenter de vive voix à Benjamin Netanyahu et au président palestinien Mahmoud Abbas le projet français de conférence internationale de paix. La conférence aurait lieu à l'automne. Une réunion ministérielle en jetterait les bases dans deux semaines à Paris, avec une vingtaine de pays, l'Union européenne et l'ONU, mais sans Israéliens ni Palestiniens pour ne pas condamner d'emblée l'effort à l'échec.

Israël vexé par une décision de l'Unesco

Jean-Marc Ayrault a reçu le soutien palestinien et rencontré les objections israéliennes confortées par un récent vote français en faveur d'une décision de l'Unesco sur le patrimoine culturel palestinien et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée et annexée par Israël.

"J'ai dit (à Jean-Marc Ayrault) que la décision scandaleuse prise à l'Unesco avec le soutien de la France et qui ne reconnaît pas le lien millénaire entre le peuple juif et le mont du Temple jette une ombre sur l'impartialité du forum que la France tente de réunir", a dit Benjamin Netanyahu. "La seule voie" pour parvenir à la paix, "ce sont des négociations directes sans condition préalable", a précisé le Premier ministre israélien.

Difficile diplomatie

Le gouvernement israélien s'est emparé dernièrement du texte de l'Unesco pour attaquer la crédibilité française. Il s'est indigné que le texte ne fasse jamais référence à l'esplanade des Mosquées comme mont du Temple, l'appellation sous laquelle les juifs révèrent le lieu, ou ne cite le mur des Lamentations qu'entre guillemets.

"Des formulations malencontreuses et blessantes, qui auraient pu et dû être évitées, ont créé des malentendus. La France le regrette", a dit Ayrault à Netanyahu selon son entourage, s'employant au déminage à la suite de plusieurs responsables français. Avant de partir, il a cependant réfuté tout parti pris. "La France est désintéressée", a-t-il dit aux journalistes, "il ne peut pas y avoir de doute sur la sincérité de la France", et les propos de Netanyahu sont des "mots de circonstance".

Relancer le processus de paix

Il a justifié l'initiative française par "l'urgence à agir" devant un "statu quo intenable" et le danger d'une nouvelle escalade. Il s'est alarmé de l'éloignement de la perspective d'une solution à deux Etats israélien et palestinien coexistant en paix, invoquant l'absence de dialogue, la poursuite de la colonisation israélienne, les violences des deux bords et une frustration palestinienne grandissante. Il a souligné la menace que l'organisation Etat islamique ne remplisse le vide.

La France veut remobiliser la communauté internationale et changer de méthode pour aider Israéliens et Palestiniens à reprendre des négociations crédibles. Pour autant, il ne s'agit pas de se substituer au bout du compte aux Israéliens et Palestiniens, "c'est eux seuls qui pourront faire la paix", a dit Jean-Marc Ayrault. Il a objecté à Netanyahu que la voie de la négociation directe qu'il prône est "bloquée".

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