La Nakba, cette "catastrophe" en souvenir de laquelle des milliers de Palestiniens protestent

La Nakba, cette "catastrophe" en souvenir de laquelle des milliers de Palestiniens protestent

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DÉCRYPTAGE - Au lendemain d'une journée sanglante à Gaza, des milliers de manifestants sont à nouveau attendus pour commémorer la Nakba. A savoir la "catastrophe" qu'a représentée à leurs yeux la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Une dernière "marche du retour". Au lendemain d'une journée meurtrière dans les Territoires palestiniens – 60 morts et des centaines de blessés -, les rassemblements qui se déroulent depuis six semaines doivent culminer ce mardi avec les commémorations de la "Nakba". Un mot arabe désignant la "catastrophe" qu'a représentée à leurs yeux la création de l'Etat d'Israël en 1948, et l'exode de centaines de milliers d'entre eux.


A l'heure où Israël fête les 70 ans de sa création, celle-ci est en effet synonyme d'exode pour le peuple palestinien. Retour en arrière : le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l'Etat d'Israël aussitôt après la fin du mandat britannique sur la Palestine. Le premier conflit israélo-arabe éclate le lendemain. Jusqu'au cessez-le-feu en janvier 1949, plus de 760.000 Palestiniens sont poussés à l'exode par l'avancée des forces juives ou chassés de chez eux. Cet exil forcé est baptisé "Nakba" (catastrophe en arabe) durant l'été par  Constantin Zureiq, un intellectuel syrien qui publie alors un essai. Ce dernier, dans lequel il décrit les événements, connait rapidement le succès.

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Des affrontements meurtriers à la frontière entre Israël et la bande de Gaza

 "La défaite des Arabes en Palestine n’est pas une calamité passagère ni une simple crise, mais une catastrophe (Nakba) dans tous les sens du terme, la pire qui soit arrivée aux Arabes dans leur longue histoire pourtant riche en drames", écrit l'auteur en ouverture de son ouvrage, comme l'a relevé Le Monde. Pour les Palestiniens, qui voient près de 400 villages être rasés, la Nakba devient peu à peu une expression pour décrire leur exode. De son côté, Israël n'a jamais reconnu de massacre et conteste les chiffres des destructions.


Aujourd'hui, plus de 12 millions de Palestiniens vivent à travers le monde, dont la moitié dans les Territoires occupés et en Israël, selon des chiffres officiels palestiniens. Plus de 5,5 millions sont enregistrés comme réfugiés auprès de l'ONU. Tous défendent leur "droit au retour", une revendication qui demeure l'une des questions les plus épineuses en vue d'un règlement - qui paraît de plus en plus distant - du conflit israélo-palestinien. En effet, Israël rejette catégoriquement un tel droit, faisant valoir qu'autoriser même une fraction d'entre eux à revenir reviendrait à proclamer sa propre fin en tant qu'État juif. Pour les Palestiniens, y renoncer semble inacceptable.

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