Israël : plus de 1.000 Palestiniens en grève de la faim

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CONFLIT - Un mouvement de protestation inédit depuis des années a été lancé par Marwan Barghouthi, leader de la deuxième Intifada, ce lundi. Il vise à "mettre fin aux abus" de l'administration pénitentiaire.

"Mettre fin aux abus" de l'administration pénitentiaire israélienne. C'est la raison pour laquelle plus d'un millier détenus de Palestiniens ont entamé lundi une grève de la faim collective. Un mouvement de protestation inédit depuis des années, lancé par Marwan Barghouthi, leader de la deuxième Intifada et condamné à la perpétuité.

Ce mouvement de protestation faisait lundi la Une des médias palestiniens, tant la question des prisonniers incarcérés par l'Etat hébreu - actuellement 6.500 - est centrale pour les Palestiniens. Depuis 1967 et l'occupation par l'armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850.000 d'entre eux ont en effet été emprisonnés par Israël, selon leurs dirigeants.

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"La fin de négligences médicales"

Nombreux d'entre eux se sont lancés par le passé dans des grèves de la faim pour protester contre des abus. Elles les ont mené au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. En outre, ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers. La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.

Cette fois-ci, ce mouvement devrait durer plus d'une journée afin de porter "des demandes humanitaires prévues dans le droit international et reconnues comme faisant partie des droits de l'Homme", a indiqué Fedwa Barghouthi, l'épouse de Marwan Barghouthi. Ce que veulent les prisonniers ? Entre autres, des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à des chaînes télévisées et de la climatisation.

300 mineurs détenus

Des revendications destinées aux 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël. Parmi eux figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.

Environ 1.300 prisonniers participent au mouvement "et ce chiffre pourrait augmenter dans les heures à venir", a déclaré Issa Qaraqee, chargé de la question des prisonniers au sein de l'Autorité palestinienne. Pas sûr que cela suffise à faire fléchir les autorités : le porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Assaf Librati a parlé d'"environ 1.100" détenus dans huit prisons israéliennes, évoquant "des mesures disciplinaires déjà prises". "L'administration pénitentiaire israélienne ne négocie pas", a-t-il prévenu.

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