Israël : un soldat reconnu coupable d'avoir achevé un Palestinien

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JUSTICE - Elor Azaria, un soldat franco-israélien, a été reconnu coupable, ce mercredi, d'avoir achevé d'une balle dans la tête un Palestinien blessé qui venait d'attaquer des soldats au couteau.

Un tribunal militaire israélien a déclaré ce mercredi 4 janvier coupable d'homicide Elor Azaria,  un soldat franco-israélien accusé d'avoir achevé un assaillant palestinien blessé, après des mois d'un procès exceptionnel. La procédure doit désormais se poursuivre dans les prochaines semaines au moins pour définir sa peine exacte. Azaria encourt 20 ans de prison.

Le soldat a été filmé le 24 mars 2016 par un activiste pro-palestinien alors qu'il tirait une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne. Le jeune homme de 21 ans, venait, avec un autre Palestinien, d'attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait à terre grièvement blessé et ne posait apparemment plus aucun danger. Son complice était déjà mort.

Des accrochages ont éclaté entre des dizaines de jeunes supporteurs du soldat et les forces de l'ordre à l'extérieur du quartier général de l'armée où le tribunal statuait. Deux personnes ont été arrêtées, selon la police. "Le peuple d'Israël n'abandonne pas l'un de ses soldats sur le champ de bataille", proclamait une pancarte.

La société israélienne divisée

Le cas du sergent Elor Azaria, âgé de 19 ans au moment des faits, divise profondément l'opinion israélienne, entre ceux qui plaident pour le strict respect par l'armée de valeurs éthiques, et ceux qui invoquent le soutien dû aux soldats confrontés aux attaques palestiniennes.

Il a opposé l'Etat-major, qui s'est posé en garant de certains idéaux militaires et a poussé à ce qu'il soit jugé, à la droite et des personnalités politiques de premier plan. Avigdor Lieberman, qui n'était pas encore ministre de la Défense, avait signifié son soutien au soldat en assistant au début de son procès.

Naftali Bennett, ministre de l'Education et chef de file de la droite nationaliste et religieuse, a affirmé qu'Elor Azaria ne devait pas passer une seule journée en prison et qu'il devrait être grâcié par le président s'il était reconnu coupable par les juges.

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