Israël : vote d'une loi pro-colonisation, François Hollande s'y oppose

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COLONISATION - Le Parlement israélien a voté, lundi, une loi qui permet à l'État de s'approprier plusieurs centaines d'hectares situés sur des terres palestiniennes occupées en Cisjordanie. Ce qui permettra de légaliser les milliers de logements déjà construits sur ces terres. Mardi, François Hollande a reçu à l'Élysée le président palestinien Mahmoud Abbas, et s'est opposé à cette loi.

Pour les observateurs du conflit israélo-palestinien, c'est une première. Première fois que le Parlement israélien vote une loi qui ne concerne pas Israël mais les territoires palestiniens occupés. Par 60 voix contre 52, les députés de la Knesset ont approuvé un texte permettant à l'Etat hébreu de s'approprier plusieurs centaines d'hectares de terres privées palestieniennes en Cisjordanie, sur lesquelles sont établis depuis une vingtaine d'année des milliers de logements. 

Selon le décompte de l'ONG israélienne La Paix Maintenant, cette loi concerne un peu plus de 3800 logements, répartis sur 53 avant-postes, ce qui conduirait à l'expropriation de plus de 800 hectares de terres palestiniennes. Ces colonies pourraient donc être légales dans le droit israélien sans l'être dans le droit international. Ce qui n'a rien de franchement étonnant, tant Israël a pris l'habitude de gérer sa politique de colonisation au mépris, par exemple, des résolutions de l'Onu.

Mardi, François Hollande a déclaré  vouloir "croire qu'Israël et son gouvernement (puissent) revenir sur ce texte", alors qu'il recevait le président palestinien Mahmoud Abbas à l'Élysée. Ce dernier a dénoncé "une agression contre le peuple palestinien".

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L'opposition israélienne dénonce une "loi abjecte"

Le vote de cette loi intervient dans un contexte de tensions en Israël. Le chef de l'opposition et du parti travailliste israélien, Isaac Herzog, a dénoncé quelques heures avant son adoption une "loi abjecte" qui "annexerait des millions de Palestiniens" et exposerait selon lui les soldats et hommes politiques israéliens à des procès aux tribunaux criminels internationaux. A quoi Ofir Akounis, ministre des Sciences et de la Technologie de Benyamin Netanyahu (Likoud), a rétorqué : "Toute la terre d'Israël appartient au peuple juif. Ce droit est éternel et incontestable".

 L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a accusé cette loi de "légaliser le vol" de terres palestiniennes, qualifiant "l'entreprise de colonisation d'Israël [d']entrave à la paix et à la possibilité d'une solution à deux Etats".

Le soutien des Etats-Unis à ce projet est incertain. Après le 20 janvier et la prestation de serment de Donald Trump, Israël avait annoncé la création de plus de 6000 logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, deux territoires occupés. La Maison Blanche, dont l'occupant n'avait eu de cesse jusqu'à présent de soutenir l'Etat hébreu, a estimé dans un communiqué, jeudi 2 février, que "la construction de nouvelles colonies ou l'expansion de celles existantes au-delà de leurs frontières actuelles pourrait ne pas aider à atteindre" la paix. 

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Environ 400.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, selon le ministère israélien de l'Intérieur.

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