Italie : comment la mafia exploite les migrants

DirectLCI
ENQUÊTE - Voici une des conséquences méconnues de la crise migratoire : dans le sud de l'Italie, il y aurait plusieurs centaines de milliers de migrants exploités en tant que travailleurs clandestins par des réseaux de la mafia. Les autorités italiennes luttent contre cette tendance, avec à sa tête la procureure Maria Manzini. TF1 est allé à sa rencontre.

Le décor prend racine dans les plaines de Foggia au sud de l’Italie. Ici, des travailleurs immigrés, souvent clandestins, travaillent sous la surveillance d’un contremaître italien. Dans la péninsule, ils seraient plus de 400.000 à travailler ainsi. Ils ramassent des pommes de terre, des tomates ou des aubergines.  Souleyman est l’un d’eux. Ivoirien d’origine, arrivé en Italie il y a 3 ans, il témoigne : "Tu peux travailler jusqu’à tomber malade (...) tu travailles sans contrat, tu n’as pas les papiers, c’est comme ça que nous vivons ici".


Les travailleurs immigrés sont pour beaucoup sous la coupe de contremaîtres liés à des réseaux mafieux. Des intermédiaires qui prélèvent près de 20 % de leur salaire. À ce sujet, la police italienne a arrêté 16 personnes en mai dernier et démantelé une filière calabraise de contremaîtres. Des arrestations qui ont eu lieu après plus d’un an et demi d’enquête, notamment grâce à la détermination de Maria Manzini, une magistrate italienne spécialisée dans la lutte contre la mafia.

Une économie souterraine qui représenterait entre 14 et 17 milliards d'euros

Maria Manzini explique au sujet des travailleurs clandestins :

Ces migrants, qui ont une nécessité absolue de travailler, sont prêts à accepter des conditions de travail qui sont celles de l’exploitation. Et ils représentent une source de revenus pratique qui rapporte de l’argent aux organisations mafieusesMaria Manzini, procureure italienne

Selon les estimations en Italie, cette économie souterraine représente entre 14 et 17 milliards d’euros par an. Alors l’Italie s’est dotée d’une nouvelle loi permettant de lutter contre ces mafias qui pénètrent le milieu agricole. Maria Manzini est la première procureure à l’avoir appliquée.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter