Italie : après la claque du référendum, Matteo Renzi reporte sa démission à la demande du président

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ARRIVERDERCI - Matteo Renzi a annoncé, dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 décembre, son retrait de la tête du gouvernement italien, dans la foulée du camouflet reçu lors du rejet massif par référendum de "sa" réforme constitutionnelle. Mais alors qu'il devait présenter sa démission au président italien, lundi soir, ce dernier lui a demandé de la reporter.

"Mon expérience de chef de gouvernement s'arrête là". Matteo Renzi, le président du Conseil italien, a décidé ce lundi de quitter son poste de chef du gouvernement, après la victoire du non à près de 60% au référendum portant sur la réforme constitutionnelle, selon les résultats partiels tombés dans la nuit. 


Matteo Renzi devait donc remettre sa démission au président Sergio Mattarella, à l'issue du conseil des ministres, lundi soir. Ce dernier lui a toutefois demandé de la reporter jusqu'au vote définitif de la loi de finances 2017, qui pourrait avoir lieu d'ici la fin de la semaine.


Plus que la question intiale du référendum, le scrutin s'était transformé en un vote pour ou contre Matteo Renzi. Le Toscan de 41 ans, arrivé au pouvoir en février 2014, avait tenu dès le départ à personnaliser la consultation, en annonçant qu'il démissionnerait en cas de victoire du non. Une promesse qu'il est donc obligé de tenir. "J'ai perdu, j'en prends toute la responsabilité", a-t-il annoncé à la télévision.

Une large opposition, de l'extrême gauche à l'extrême droite

Au cours de ce référendum, les électeurs étaient initialement invités à se prononcer sur une réduction drastique des pouvoirs du Sénat, une limitation des prérogatives des régions et la suppression des provinces, l'équivalent des départements français. 


Face à Renzi, une large partie de la classe politique italienne s'était "associée" pour faire gagner le non. Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), organisation politique anti-système et populiste difficilement positionnable sur l'échiquier politique et la Ligue du Nord, parti d'extrême-droite eurosceptique, ont d'ailleurs déjà réclamé des élections anticipées pour surfer sur la vague de contestation. Ils étaient accompagnés dans leur campagne "anti-Renzi" par les partis d'extrême gauche, des partisans de l'ancien Président du conseil Silvio Berlusconi ainsi que par certains "frondeurs" du Parti démocrate du futur ancien chef du gouvernement (centre gauche).

On ne peut pas toujours mentir au peuple sans en subir les conséquencesBeppe Grillo, leader du Mouvement Cinq Etoiles

"C'est une leçon pour tous: on ne peut pas toujours mentir au peuple sans en subir les conséquences", a tweeté dans la nuit Beppe Grillo, leader du M5S et plus virulent adversaire de Matteo Renzi dans cette campagne référendaire.

Au pouvoir à Rome et à Turin, le M5S ambitionne ouvertement de prendre le pouvoir. Selon des sondages publiés avant le référendum, il est aujourd'hui le second mouvement politique en Italie derrière le Parti démocrate.


D'éventuelles élections anticipées ne pourront toutefois pas avoir lieu avant une réforme de la loi électorale à la Chambre des députés, défendue par la majorité actuelle au Parlement. Le M5S ne veut pas en entendre parler et réclame des élections anticipées avec la loi actuelle, qui le favorise.

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