Italie : premières déconvenues pour le "démolisseur" Matteo Renzi

Italie : premières déconvenues pour le "démolisseur" Matteo Renzi

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GOUVERNEMENT – Après avoir poussé vers la sortie l'ancien Premier ministre Enrico Letta, Matteo Renzi, chef du centre gauche, a été chargé lundi de former un gouvernement. Autoproclamé "le démolisseur", ce jeune loup politique affronte déjà ses premières déconvenues.

Matteo Renzi mérite bien son surnom d'"homme pressé". Le nouvel homme fort de l'Italie est arrivé lundi avec dix minutes d'avance au palais du Quirinal, pour se voir confier par le président Giorgio Napolitano la plus difficile mission de sa carrière : former le nouveau gouvernement italien. Un exercice qui doit être bouclé "en quelques jours" et qui s'annonce comme un véritable casse-tête pour ce jeune loup de la politique.

Maire de Florence et chef du parti démocrate (PD) à seulement 39 ans, le voilà propulsé plus jeune chef de gouvernement d'Europe. Pour obtenir satisfaction, le sprinter n'a pas hésité à dégager de sa route le Premier ministre Enrico Letta jeudi. Désormais, celui que la presse italienne surnomme le "séducteur" doit faire face à la réalité : composer une équipe à la hauteur de ses ambitions, la tâche n'est pas aisée.

"Cette fois-ci, c'est la bonne"

Pour former son nouvel exécutif, il va en effet devoir, comme son prédécesseur, s'appuyer sur une coalition gauche-droite difficile à satisfaire. Chacun pose déjà ses conditions, comme le Nouveau centre-droit, qui a menacé de ne pas voter la confiance au gouvernement si ce dernier penchait trop à gauche. Quant aux Berlusconiens dissidents, rattachés au PD, ils demandent un Pacte écrit d'engagements auquel Matteo Renzi devrait souscrire.

Les difficultés se poursuivent : le jeune chef du parti s'est déjà vu refuser la nomination de certaines célébrités, censées donner du lustre à son équipe. C'est par exemple le cas de l'écrivain Alessandro Baricco, pressenti pour la Culture, et du patron de Luxottica (montures de lunettes), Andrea Guerra, pour le Développement économique. Idem pour l'économiste Lucrezia Reichlin, que Renzi voyait bien au ministère de l'Economie. La chaise reste vide, mais le chef du gouvernement est pressé de trancher : ce ministère est crucial après deux ans de récession, la plus longue et plus grave de l'après-guerre.

Pas assez, semble-t-il, pour effrayer celui qui s'est proclamé le "rottamatore" (le démolisseur). Plastronnant devant la presse lundi, sous les lambris du palais, Matteo Renzi a promis de mettre "toute son énergie, son enthousiasme et engagement" pour réformer l'Italie et a insisté sur le fait que son mandat "couvrait la durée de la législature", c'est-à-dire jusqu'en 2018. Il a même surpris son monde en détaillant son calendrier de réformes pour 2014. Le message est clair : le futur Premier ministre tient son fauteuil, et pour longtemps. "Cette fois-ci, c'est la bonne", s'est-il même vanté sur Twitter.

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