Législatives en Italie : et maintenant ?

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POLITIQUE - La coalition de droite est arrivée en tête des élections législatives dimanche en Italie. Seulement voilà : les scores historiques des populistes du Mouvement Cinq Etoiles et de l'extrême droite brouillent les cartes et plongent le pays dans l'incertitude politique.

L’Italie dans l’impasse politique. Les électeurs ont voté dimanche sans parvenir à dégager une majorité claire, selon les premiers résultats partiels connus ce lundi. En conséquence, plusieurs scénarios sont possibles.

Un gouvernement 5 étoiles ?

Le Mouvement 5 étoiles, né en 2009 sur le rejet de la vieille classe politique, est devenu le premier parti du pays et frôle les 32%. Mais cela sera insuffisant pour obtenir une majorité au Parlement. Une alliance "antisystème" entre le M5S et la Ligue semble la seule susceptible d'obtenir cette majorité. Sauf que les dirigeants des deux formations ont jusqu'à présent catégoriquement rejeté cette éventualité. Autre hypothèse : une discussion avec le Parti démocrate (PD, centre gauche) et les petits partis de gauche. Il faudrait probablement pour cela que Matteo Renzi, qui a juré de ne jamais faire alliance avec les "extrémistes", cède la direction du PD à quelqu'un de plus compatible. De telles discussions avaient eu lieu en 2013, sans aboutir à un accord. Mais le M5S a changé, et Luigi Di Maio s'est montré plus ouvert au dialogue. De plus, avec 19% des voix, le PD n'est plus en position de force.

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Une coalition droite/extrême droite ?

Comme l'avaient annoncé les sondages, la coalition rassemblant Forza Italia (FI, centre droit) de Silvio Berlusconi et la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini a recueilli environ 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur près de 90% des bureaux de vote. Mais à la surprise générale, c'est la Ligue qui a recueilli 18% des voix, largement devant FI (14%). Compte tenu de la complexité du système électoral, qui mêle scrutins proportionnel et majoritaire, il est encore trop tôt pour connaître la traduction de ces votes en nombre de députés et de sénateurs, mais la majorité absolue semble d'ores et déjà hors de portée. Si cela devait être le cas, il est certain que Matteo Salvini revendiquera la direction de la coalition et d'un éventuel gouvernement ... même si rien n'assure que M. Berlusconi tiendra sa parole et se rangera bien derrière lui.

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Élections législatives en Italie : la coalition de droite/extrême droite en tête

Une grande coalition ?

C’est en tout cas le souhait de Bruxelles et des marchés financiers, qui misaient sur une sorte de "grande alliance" à l'allemande entre FI et le PD, avec le soutien de petites formations europhiles, voire de quelques transfuges de la Ligue. Problème : les chiffres actuellement disponibles ne permettent pas de l'envisager. Selon les projections des médias à partir des résultats encore partiels lundi matin, le PD n'aurait que 107 députés et FI 102 : même en ajoutant les petits partis, qui n'ont pas brillé dimanche, le total est encore loin de la majorité de 316 députés.

Et s’il n’y a aucune majorité ?

Si aucune majorité ne se dessine, le président de la République Sergio Mattarella devrait laisser en place le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni (centre gauche), qui n'a pas besoin de demander la confiance du nouveau Parlement pour gérer les affaires courantes. Le temps éventuellement de convoquer de nouvelles élections, avant, certains l'avancent, le vote d'une nouvelle loi électorale. Reste que la procédure va prendre du temps. Les deux chambres se réuniront pour la première fois... le 23 mars pour élire les deux présidents et constituer les groupes. Alors, seulement, M. Mattarella entamera ses consultations. Pas de quoi surprendre l'Italie qui a appris à vivre dans l'incertitude, elle qui a connu plus de 60 gouvernements depuis le début de la République en 1946.

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