Jair Bolsonaro officiellement investi : ce qu'il veut faire pendant ses 100 premiers jours à la tête du Brésil

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CHANGEMENT D’ÈRE - Jair Bolsonaro le premier homme politique d'extrême droite à être jamais arrivé au pouvoir au Brésil, entame ce mardi son mandat de 4 ans à l'issue d'une cérémonie d'investiture placée sous haute sécurité. Ces derniers jours, il a commencé à lever le voile sur ses premières mesures.

Ce fut une élection largement commentée dans le monde et désormais, il faudra compter avec lui : Jair Bolsonaro, 63 ans. Le candidat d'extrême-droite élu entame ce 1er janvier, un mandat de quatre ans à la tête du Brésil qui s'apprête à opérer un changement de politique assez radical. Elu avec 55% des voix, Bolsonaro n'a rien caché de sa misogynie, de son homophobie et de son racisme, tout au long de cette campagne où il a enchaîné les dérapages sans frein. 


En promettant de s'occuper sérieusement de la crise économique, de mater les personnes corrompues et d'endiguer la violence, Bolsonaro a promis des mesures radicales qui ont rapidement fait de lui, le "Trump tropical". Lors de la cérémonie de son investiture ce mardi à Brasilia, le nouveau président du Brésil a appelé les membres du Congrès à l'aider à "libérer définitivement" le Brésil "du joug de la corruption, de la  criminalité, de l'irresponsabilité économique et du carcan idéologique".

Une cérémonie d'investiture hors-normes

Victime d'une attaque à l'arme blanche, le 6 septembre dernier, le nouveau président élu sera ce mardi l'une des personnes les plus surveillées du monde pour son investiture. Rien ne sera laissé au hasard : système antimissile, une vingtaine d'avions de chasse, hélicoptères survolant le centre de la ville, l'espace aérien fermé... Un dispositif sécuritaire similaire à celui du Mondial-2014 et des JO de Rio en 2016. Tous les accès à la zone sont interdits à la circulation et les piétons ne peuvent pas apporter de sac à dos, de parapluie, ni même de poussette. 


L'acte qui fera de Jair Bolsonaro le 38e président du Brésil sera paraphé dans l'hémicycle de la Chambre des députés où il signera le registre officiel, un petit livre vert, comme tous les chefs de l'Etat brésilien avant lui. Puis, le président s'engagera sous serment notamment à "défendre et appliquer la Constitution" tout en oeuvrant pour "l'Union, l'intégrité et l'indépendance du Brésil". Le moment le plus attendu par les Brésiliens sera la montée de la rampe du Palais du Planalto où il recevra des mains de son prédécesseur Michel Temer l'écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d'or et de diamants. La tradition veut que le futur chef de l'Etat fasse le déplacement entre les deux places fortes du pouvoir brésilien à bord d'une Rolls-Royce décapotable, mais il pourrait opter pour une voiture blindée pour éviter tout risque d'attentat, ou si la pluie persiste.

Privatisations et port d'armes

Le gouvernement a annoncé cette semaine qu'il se donnait 100 jours pour mettre en route les réformes prioritaires et éventuellement révoquer certains décrets et lois existants. C'est donc le 11 avril que les Brésiliens auront rendez-vous pour une "cérémonie de célébration des 100 jours" : une cérémonie qui sera pour eux  l'occasion de faire le point sur les réformes entreprises. 


Ce lundi 31 décembre, il a déclaré à la chaîne Record TV qu'il allait "mettre en place une politique totalement différente de ce qui a amené le Brésil à la corruption et à l'inefficacité". Il a aussi affirmé que ses premières mesures viseraient à "réduire la bureaucratie au maximum" et à "retirer tout le poids de l'Etat qui pèse sur ceux qui produisent". 

Samedi, il avait déjà annoncé sur Twitter son intention d'autoriser par décret la détention d'armes pour toute personne sans casier judiciaire. Même si Jair Bolsonaro entend faciliter l'accès aux armes pour que les "gens bien" puissent se faire justice face à la violence qui frappe le pays, sa position est loin de faire l'unanimité. Un sondage publié ce lundi par l'institut Datafolha indique que 61% des Brésiliens sont opposés à la détention d'armes par la population, contre 55% lors de la dernière enquête de ce type, en octobre.


Sont également attendues dès les premiers jours de son mandat des mesures fortes sur le plan économique notamment un vaste plan de privatisations. Sur le plan diplomatique, les mesures annoncées concernent le retrait du Brésil du pacte mondial de l'ONU sur les migrations et la fin de la coopération médicale avec Cuba. 

7 anciens militaires parmi les ministres

Les ministres seront au nombre de 22 dont 7 militaires à la retraite et seulement deux femmes. Loin de prôner la parité, le nouvel homme fort du Brésil a choisi des personnalités aux tempéraments et convictions aussi radicaux qu'extrêmes. Aux Affaires étrangères, ce sera Ernesto Araujo, un diplomate fervent admirateur de Trump. Aux droits de l'Homme, une pasteure évangélique anti-avortement : Damares Alves. Sa nomination devrait séduire les églises néo-pentecôtistes qui ont joué un rôle fondamental dans son élection. Bolsonaro a d'ailleurs promis de chasser l'éducation sexuelle des écoles.


A la justice, ce sera Sergio Moro, un juge emblématique de la lutte anti-corruption vénéré par des millions de Brésiliens pour son opération "lavage-express" qui a mis sous les verrous des dirigeants de tous bords dont Lula, l'ancien président. A l'économie, ce sera Pablo Guedes, un économiste thésard de l'Université de Chicago. Il sera un "super-ministre" de l’Économie, qui aura sous sa houlette les actuels ministères des Finances, du Plan, ainsi que celui de l'Industrie et du Commerce extérieur. Son crédo : privatiser à tour de bras pour réduire la dette. 

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