"Je n'ai pas menti" : Trump tente de se défendre sur sa gestion du Covid-19

Gestion du Covid-19 : Trump accusé d'avoir menti
International

POLEMIQUE - Donald Trump a tenté tant bien que mal de se défendre jeudi après avoir voulu minimiser l'épidémie de Covid-19 sur le territoire américain lors d'un entretien accordé en mars au journaliste Bob Woodward. Ce dernier publie ces déclarations dans un livre explosif.

Donald Trump a tenté jeudi soir, avec difficulté, de clore la polémique née de la série d'entretiens accordés au journaliste Bob Woodward, auteur d'un nouveau livre explosif le visant. "Pourquoi avez-vous menti aux Américains ?" : la première question adressée au président américain sur les raisons pour lesquelles il a, de son propre aveu, minimisé la menace du Covid-19, a donné le ton.

"Je n'ai pas menti ! (...) La façon dont vous avez posé cette question est une honte", a répondu le dirigeant de la première puissance mondiale, à moins de 60 jours d'une élection où il briguera un second mandat de quatre ans face au démocrate Joe Biden. "Je fais preuve de force en tant que dirigeant", a-t-il poursuivi, très remonté. "Il n'y a pas de mensonge (...) Je ne veux pas sauter dans tous les sens et commencer à crier : mort ! morts !". Pour rappel, l'épidémie de coronavirus a fait, à ce jour, plus de 190.000 morts aux Etats-Unis.

Plusieurs entretiens accordés au journaliste

Au lendemain de la publication d'extraits de Rage, qui doit sortir mardi prochain, le président américain s'en est aussi pris à son auteur, rendu célèbre pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate dans les années 1970. "Bob Woodward avait mes déclarations depuis plusieurs mois", a-t-il souligné dans un tweet, reprenant à son compte les critiques qui visent le célèbre journaliste, figure de Washington.

"S'il pensait qu'elles étaient graves ou dangereuses, pourquoi ne les a-t-il pas publiées immédiatement afin d'essayer de sauver des vies ?", a-t-il poursuivi. "J'ai voulu toujours minimiser (le danger)", déclarait le président dans cet échange avec Bob Woodward, qui a eu lieu le 19 mars. Or, plusieurs semaines plus tôt, le 7 février, il expliquait au même journaliste combien le Covid-19 était "un truc mortel".

Des confessions qui pourraient lui coûter cher

Naïveté ? Déconnexion de la réalité ? Au total, Donald Trump a accordé, entre décembre 2019 et juillet 2020, 18 interviews au célèbre journaliste, par téléphone, en face-à-face dans le Bureau ovale ou dans son club de Mar-a-Lago en Floride. Le milliardaire républicain ne pouvait pourtant pas espérer un éclairage positif sur son mandat de la part de l'auteur de Peur, Trump à la Maison Blanche, livre publié il y a deux ans dressant le portrait d'un président inculte, colérique et paranoïaque.

"Depuis le début, Donald Trump est son propre directeur de la communication", résumait alors David Axelrod, qui fut conseiller de Barack Obama pour les campagnes victorieuses de 2008 et 2012. "Sa décision d'essayer d'amadouer Bob Woodward à travers 9 heures d'échanges réparties en 18 interviews (...) pourrait être la plus coûteuse politiquement de sa présidence", estimait-il. Karl Rove, ancien stratège de campagne de George W. Bush, formulait, lui, une observation en guise d'avertissement : "Si le président ne se concentre pas (...), l'occupant du Bureau ovale pourrait bientôt changer".

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"Je ne veux pas créer de panique"

La gestion de l'épidémie vaut à Donald Trump de très vives critiques, de la part de ses adversaires mais aussi de scientifiques et de certains élus de son propre camp. Il est accusé d'avoir envoyé des signaux contradictoires et confus, mais aussi d'avoir manqué de compassion face aux ravages provoqués par le virus. Sondage après sondage, une très large majorité d'Américains jugent sévèrement son action sur ce front.

"Je ne veux pas que les gens aient peur, je ne veux pas créer de panique" : l'argument mis en avant mercredi pour expliquer sa réaction a aussi surpris de la part d'un président qui agite depuis plusieurs semaines le spectre d'une Amérique plongée dans "l'anarchie" si Joe Biden l'emportait.

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