"Je ne perds pas espoir" : l’appel émouvant de la femme de Raif Badawi

"Je ne perds pas espoir" : l’appel émouvant de la femme de Raif Badawi

ARABIE SAOUDITE - La flagellation pour "insulte à l'islam" du blogueur saoudien Raif Badawi, qui a soulevé une vague d'indignation dans le monde, doit reprendre ce vendredi. Depuis le Québec où elle s’est réfugiée avec ses enfants, sa femme Ansaf Haidar a réagi pour Metronews.

"Je ne perds pas espoir tant que je suis vivante." Depuis Sherbrooke, une petite ville du Québec, Ansaf Haidar évoque pour metronews le combat qui est le sien depuis plusieurs semaines. Celui d’une mère de famille dont le mari, Raif Badawi, a été condamné en novembre pour "insulte à l’islam" en Arabie Saoudite. C’est là où ce blogueur purge sa peine : 10 ans de prison et 228.000 euros d’amende.... mais également 1000 coups de fouet.

Un supplice que le monde découvre le 9 janvier quand cet homme de 31 ans souffrant de diabète reçoit à Djedda cinquante coups en public. Les autres séances étaient prévues chaque vendredi, durant vingt semaines. Mais son état de santé a obligé les autorités à suspendre la sentence jusqu’à ce vendredi. "Ce report a été décidé après avoir présenté Raif a une commission médicale composée de huit médecins, détaille Ansaf. Ils ont reconnu qu’il souffrait d’une tension artérielle très élevée. Malheureusement, je pense que les autorités saoudiennes continueront à utiliser le fouet."

EN SAVOIR + >> Qui est Raif Badawi, le blogueur saoudien condamné à 1000 coups de fouet ?

"Ils fouettent ceux qui osent s’exprimer"

Le calvaire de Raif Badawi débute en 2009. A l’époque, ce blogueur anime un site où sont débattus divers sujets de société. "Comme d’autres pays dans le sillage du printemps arabe, la société saoudienne commence alors à se mobiliser", nous explique Nicolas Krameyer d’Amnesty International. Une lutte 2.0 qui dérange le royaume ultra conservateur. "En 2011, un imam a lancé contre lui une fatwa, poursuit Nicolas Krameyer. A l’issue d’un procès, la justice a retenu comme chef d’inculpation "l’insulte à l’islam". Or le dossier est complètement vide !" Qu’importe : en 2012, Raif est emprisonné.

Un calvaire qui, depuis, scandalise l’opinion publique. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et l’Allemagne, ont condamné la flagellation. Quid de la France ? Laurent Fabius a tancé le 21 janvier "une sentence inhumaine" et espère qu’elle sera "complètement reportée." Une fermeté cependant entachée par la présence, le 11 janvier, du numéro deux de la diplomatie saoudienne dans les rues de Paris. "Cela prouve l’hypocrisie du royaume : ils essayent de donner une image exemplaire à l’étranger, en revanche chez eux ils fouettent ceux qui osent s’exprimer", proteste Ansaf qui n’a pas vu son mari depuis 2009.

Du Québec où elle s’est réfugiée avec leurs trois enfants, la jeune femme enjoint les chancelleries à "se mobiliser encore plus" pour "essayer de faire céder" Riad. Le roi Abdallah - décédé depuis - avait en effet déposé un recours en décembre devant la Cour suprême pour un nouveau jugement. Dans l’attente d’un éventuel appel, Raif croupit en prison où, selon sa femme, les "conditions sont très mauvaises". Depuis 2012, le détenu n’a pas revu la lumière du jour. Sauf lors de la séance de flagellation du 9 janvier.

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