Jérusalem capitale d'Israël : du pape à l'Iran en passant par la Chine, Trump avait pourtant reçu des mises en garde du monde entier

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DIPLOMATIE - Les mises en garde, y compris celle du pape François, ont afflué ce mercredi à l'adresse du président américain Donald Trump. Mais elles n'ont servi à rien. Celui-ci a annoncé dans la soirée sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Malgré un concert de critiques, Donald Trump a choisi de demeurer inflexible. Au risque d'enflammer toute la région.  Le président américain a annoncé qu'il reconnaissait Jérusalem comme la capitale d'Israël, tenant ainsi un engagement de sa campagne mais rompant au passage avec des décennies de diplomatie américaine. Une diplomatie qui, au fil des heures, est en effervescence, tant les mises en garde avaient afflué, du Vatican à l'Iran en passant par la Chine et la France.


"Je ne peux taire ma profonde inquiétude", a déclaré le pape François en début de journée. "J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu-quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU". Le souverain pontife ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville : celle-ci abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre. A l'opposé de l'échiquier diplomatique, l'Iran s'est également insurgé. La bête noire de Donald Trump ne s'est ainsi pas privé de pincer la corde religieuse, en déclarant qu'il "ne tolérera pas une violation des lieux saints musulmans". 

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Donald Trump veut transférer l'ambassade américaine en Israël à Jérusalem

Trois "jours de rage"

D'autres avertissements ont fusé. Le roi Salmane d'Arabie saoudite, grand allié de Washington, a prévenu qu'une telle décision risquait de provoquer "la colère des musulmans" et la Turquie a brandi le spectre d'un "incendie" régional en jugeant qu'une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël "ferait le jeu des groupes terroristes". Le président turc Recep Tayyip Erdogan veut notamment réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Une réunion d'urgence de la Ligue arabe pourrait aussi avoir lieu samedi. La Chine, le Royaume-Uni et le Pakistant également joint leur voix au concert de réprobation.


Sous le feu des critiques, Donald Trump a, en plus, ordonné les préparatifs pour le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem accélérant, la aussi, les pronostics les plus pessimistes sur la décision américaine. Cette reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens. Ils revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.


L'Autorité palestinienne, interlocutrice des Etats-Unis, d'Israël et de la communauté internationale, a prévenu : les Etats-Unis se discréditeraient comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix  et l'effort actuellement mené par les collaborateurs de Donald Trump pour tenter de ranimer une dynamique moribonde serait considéré comme terminé. Les groupes palestiniens, eux, ont appelé à trois "jours de rage". Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère avaient par exemple brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Et ce, avant même l'annonce de la décision américaine. 

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