"Jihadi John" : Daech confirme que son bourreau britannique a été tué

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SYRIE - Le groupe Etat islamique a confirmé dans sa revue de propagande "Dabiq" la mort du djihadiste connu sous le surnom de "Jihadi John". Il aurait été tué par des frappes américaines. Le bourreau britannique apparaissait sur des vidéos d'exécution d'otages occidentaux, dont James Foley.

Il était devenu l'incarnation de la barbarie du groupe Etat islamique. Le Britannique Mohammed Emwazi, plus connu grâce à son surnom "Jihadi John", a bien été tué en novembre au cours d’un raid américain sur Raqqa, fief des terroristes en Syrie. Daech a confirmé sa mort dans sa revue de propagande "Dabiq".

L'article indique que le Britannique est mort le 12 novembre "quand la voiture dans laquelle il se trouvait a été visée par une frappe de drone dans la ville de Raqqa, détruisant la voiture et le tuant sur le coup". Mohammed Emwazi y est qualifié de "martyr" et de "frère honorable".

"Nous sommes sûrs à 99% de l'avoir eu", avait déclaré en novembre un haut responsable militaire américain cité par Fox News . Un succès pour la coalition confirmé désormais y compris par la machine à propagande de Daech.

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Une enfance dans une famille aisée

Toujours vêtu de noir, masqué et couteau à la main, "Jihadi John" était devenu l'incarnation de la cruauté du groupe EI. Une cruauté mise en scène dans plusieurs vidéos de décapitations de prisonniers occidentaux. Sa première apparition remonte au mois d’août 2014 avec l’assassinat de James Foley, journaliste américain indépendant de 40 ans porté disparu en Syrie depuis novembre 2012. La vidéo avait suscité des condamnations dans le monde entier.

Deux semaines plus tard, un autre otage américain, Steven Sotloff, subissait le même sort aux mains du tueur. Suivront le travailleur humanitaire américain Abdel-Rahman Kassig, des humanitaires britanniques David Haines et Alan Henning, du journaliste japonais Kenji Goto et d'un certain nombre d'autres otages".

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"L'un des pires"

Les témoignages sur Emwazi retracent l'itinéraire d'un jeune Londonien d'origine koweïtienne sans problème, fan de football et de jeux vidéo. Âgé de 27 ans, le djihadiste a été élevé au sein d’une famille aisée avant de suivre des études d'informatique à la faculté de Westminster. Mais la première fois qu’il est repéré par les autorités britanniques, c’est en 2009, lors d’un voyage en Tanzanie au cours duquel il est soupçonné de vouloir se rendre en Somalie. Il n’y parviendra pas : rattrapé par la police, il sera emprisonné et ramené vers la Grande-Bretagne. Avant de se faire définitivement la belle, en 2012, direction la Syrie.

Là-Bas, il se fait appeler Jalman al-Britani et intègre un quatuor de Britanniques en charge de surveiller les otages occidentaux. Leurs surnoms ne doivent rien au hasard : John, Paul, Georges et Ringo, "les Beatles", en raison de leur accent. "C'était l'un des pires, celui qui frappait et torturait sans retenue", se souviendra l'ancien otage Didier François, dont le jeune homme fût le bourreau dans les geôles de Daech.

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