Ex-adversaire d'Obama, le sénateur américain John McCain souffre d'un cancer du cerveau

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MALADIE - Sénateur très respecté et opposant farouche à Donald Trump, l'ancien candidat républicain à la présidentielle John McCain a été diagnostiqué d'un cancer. Une nouvelle qui a entraîné un flot de soutiens de toute la classe politique américaine.

John McCain, sénateur républicain, candidat à l’élection présidentielle américaine en 2008 et ancien pilote prisonnier de guerre au Vietnam, souffre d’un cancer du cerveau, a fait savoir son entourage ce mercredi. La maladie a été découverte après une intervention vendredi 14 juillet pour retirer un caillot de sang au-dessus de son œil gauche. Suite à des prélèvements, les médecins de la Mayo Clinic de Phoenix dans l’Arizona ont identifié une tumeur maligne du nom de glioblastome. Ce genre de tumeur nécessite de la chimiothérapie ou de la radiothérapie.

"Les médecins du sénateur disent qu'il se remet de l'opération incroyablement bien et que son état de santé général est autrement excellent", a indiqué la clinique.

Des soutiens de toute la classe politique

Malheureusement pour lui, ce n’est pas la première fois qu’il est atteint d’un cancer. Il a souffert de plusieurs mélanomes dans les années 90 et au début des années 2000. Au moment de la campagne présidentielle qui l’a opposé à Barack Obama, l’âge et l’état de santé de John McCain était un sujet central. C’est d’ailleurs l’ancien président démocrate qui a été le premier à apporter son soutien au sénateur républicain de 80 ans.

"John McCain est un héros américain et l'un des battants les plus courageux que je connaisse. Le cancer ne sait pas à qui il a affaire. Fais-lui vivre un enfer, John", a tweeté Barack Obama.

Donald Trump, avec qui les relations étaient tendues depuis son élection, a dans un communiqué déclaré que le sénateur avait "toujours été un combattant".

"Melania et moi envoyons nos pensées et prières au sénateur McCain, à Cindy et toute leur famille. Remettez-vous vite", a dit le président des États-Unis.

De tous les bords de la classe politique, les messages de soutien ont afflué par dizaines de milliers. "John McCain est un héros, un des sénateurs les plus respectés et un ami. Les espoirs et les prières de la nation sont avec lui et sa famille", a notamment tweeté le sénateur démocrate Bernie Sanders.

Le message le plus partagé sur les réseaux sociaux a été celui de la fille du sénateur, Meghan McCain. "Il est la personne la plus coriace que je connaisse. L'ennemi le plus cruel n'a jamais pu le briser", a-t-elle écrit. "Le cancer pourra l'affecter de multiples façons : mais il ne le fera jamais capituler, car rien n'a jamais pu le faire capituler".

Un incontournable du Sénat

Sénateur de l’Arizona depuis 1982, John McCain est devenu au fur et à mesure de sa carrière politique une référence sur les questions de défense et de politique étrangère. Il préside actuellement la commission de la Défense du Sénat.

Malgré son âge, le globe-trotter continuait à parcourir les points chauds de la planète lors de délégations parlementaires, devenant un visage connu de Bagdad à Kiev. Défenseur indéfectible du budget des armées, fervent partisan de la guerre en Irak, il défendait une vision de "faucon" en politique étrangère, dénonciateur acharné du régime de Vladimir Poutine - ce qui lui a valu d'être placé en 2014 sur une liste d'Américains sanctionnés par la Russie. "J'imagine que cela veut dire que mes vacances de printemps en Sibérie sont annulées", avait-il alors ironisé, du ton sarcastique qui est sa marque de fabrique.

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Depuis l'élection présidentielle de 2016 et les cyberattaques russes présumées, il apparaissait moins jovial, parfois impatient face aux questions répétées sur Donald Trump, avec qui il s'entend assez mal. Comme candidat, Donald Trump avait remis en question le statut de "héros" de John McCain, parce qu'il avait été "capturé". En 1967, l'avion piloté par John McCain a été abattu au-dessus d'Hanoï. Il est resté prisonnier du régime communiste jusqu'en 1973, une captivité pendant laquelle il a subi des tortures dont les séquelles, sur l'un de ses bras, restent visibles.

Récemment, il était apparu toujours aussi actif au Sénat. Mais lors d'une audition en juin, il avait posé des questions incohérentes, soulevant brièvement des questions sur son état de santé, qu'il avait évacuées d'une plaisanterie sur son manque de sommeil. 

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