John McCain vs Donald Trump : histoire d’une détestation mutuelle

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COMBAT - Héros du Vietnam et incarnation du conservatisme traditionnel américain, John McCain a vécu difficilement l’ascension du sulfureux hommes d’affaires Donald Trump jusqu’au sommet de l’Etat. Une aversion mutuelle qui a donné lieu, ces dernières années, à plusieurs passes d’armes entre les deux hommes.

Deux lignes, pas plus. Samedi, c’est de manière pour le moins lapidaire que Donald Trump a réagi, sur Twitter, au décès de John McCain, 81 ans, atteint d’un cancer du cerveau depuis plus d’un an. "Mes plus sincères sympathies et mon respect vont à la famille du sénateur John McCain. Nos cœurs et nos prières sont avec vous !", a écrit le locataire de la Maison blanche. Un message en forme de service minimum au sujet d’une icône de la vie américaine qui, bien qu’élu républicain, n’a jamais caché son animosité vis-à-vis de l’homme d’affaires devenu président. C’est d’ailleurs publiquement que John McCain  avait fait savoir, en mai dernier, qu’il ne souhait pas de la présence du chef de l’Etat lors de ses obsèques.

La querelle entre les deux hommes éclate au grand jour en 2015, au moment où Donald Trump se lance dans la course aux primaires républicaines. A l’opposé de ses propres valeurs, John McCain fustige le discours xénophobe du candidat. Ce à quoi l’homme d’affaires répond que son détracteur est un "idiot". 

Plus tard, en meeting Donald Trump n'hésite pas à s'attaquer au statut militaire de John McCain : "Ce n'est pas un héros de guerre. C'est un héros de guerre juste parce qu'il a été capturé (en 1967, soumis à la torture, il restera prisonnier plus de cinq ans au Vietnam, ndlr). J'aime les gens qui n'ont pas été capturés", lâche le candidat républicain à la foule, suscitant un tollé à travers tout le pays.


Un dernier épisode, plus scabreux, achève de convaincre John McCain de rompre avec la discipline de parti. Au moment de la révélation de propos graveleux et sexistes tenus par Donald Trump en 2005, le vétéran du Vietnam indique qu’il ne votera pas pour lui face à Hillary Clinton - ni pour la candidate démocrate d’ailleurs.

Le vibrant hommage de Barack Obama

Même élu, Donald Trump n'en a pas fini avec l’accrocheur John McCain. Bien qu’affaibli par la maladie, le sénateur de l’Arizona, doyen de la chambre haute du Congrès, continue de porter des coups. Notamment concernant les soupçons d’ingérence russe dans la campagne de 2016, pour lesquels John McCain a ouvert sa propre enquête parlementaire ou encore sur l’Obamacare, dont le sénateur fut l’un des trois élus de la majorité à ne pas voter son abrogation. 


D’ailleurs, à l’opposé de l’actuel président des Etats-Unis, Barack Obama a, lui, tenu à rendre un vibrant hommage à celui qui fut son adversaire en 2008. Et d'évoquer, malgré leurs différences, "une fidélité commune à quelque chose de plus élevé, des idéaux pour lesquels des générations d’Américains et d’immigrés se sont battues, ont marché, se sont sacrifiées."

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