Journalistes assassinés en 2013 au Mali : une enquête de RFI contredit la version officielle

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TERRORISME- Les circonstances de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali seront-elles un jour élucidées ? De nouveaux éléments apportés par Radio France Internationale, média employeur des deux journalistes tués, mettent à mal la version officielle de l’armée française.

Le 2 novembre 2013, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à Radio France Internationale (RFI), étaient enlevés à Kidal, après une interview. Ils étaient assassinés dans l’heure qui suit, non loin de la ville, par des djihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). 


Selon la version officielle de l’armée, un convoi de militaires français avait, ce jour-là, découvert le corps sans vie des reporters, près du pick-up en panne de leurs ravisseurs. L’enquête semblait privilégier la thèse d’une prise d’otages ratée, qui avait tourné au drame. L’armée affirme qu’elle n’aurait eu "aucun contact visuel ou physique" avec les ravisseurs, ni même avec "un véhicule en fuite". C'est ce point précis qu'une enquête de RFI contredit justement aujourd'hui.

Les ravisseurs pris en chasse par les forces spéciales

Publiée ce lundi 22 juillet, l'enquête remet en cause cette version officielle, en s’appuyant sur plusieurs témoignages d’anciens responsables militaires. Selon ces informations, l’armée française aurait en réalité pourchassé les ravisseurs en hélicoptère, après l'enlèvement des journalistes, avec le concours de Minusma, la mission des Nations unies au Mali. 


Un élément apporté par RFI qui induit de fait un contact, visuel du moins, entre les forces spéciales et les djihadistes. Un ancien agent de la DGSE, spécialiste de la région du Sahel, affirme même à la radio publique que "ce sont des unités héliportées des FS (forces spéciales, NDLR) qui sont intervenues en premier, c’est ce commando qui a découvert les corps". 

Sollicité par RFI, le porte-parole de l'état-major des armées n’a pas souhaité faire de commentaire. "Les forces spéciales ont-elles simplement voulu garder la trace des ravisseurs ? Ont-elles tenté une action pour libérer Ghislaine Dupont et Claude Verlon ? Y a-t-il eu contact visuel, voire échange de tirs ?", s’interroge aujourd'hui RFI. Six ans après, les conditions dans lesquelles Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été assassinés restent troubles.

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