Julian Assange maintenu en détention : retour sur onze ans d'une affaire à l'ampleur mondiale

Julian Assange maintenu en détention : retour sur onze ans d'une affaire à l'ampleur mondiale

CHRONOLOGIE - Après avoir vu la demande d'extradition des États-Unis refusée par la justice britannique lundi, Julian Assange a vu sa demande de remise en liberté à son tour refusée ce mercredi. Risquant 175 ans de prison pour piratage informatique ou encore espionnage, le fondateur de WikiLeaks fuit la justice américaine depuis 11 ans. Retour sur une affaire très complexe.

L’Australien de 49 ans et fondateur de WikiLeaks Julian Assange fait de nouveau l’actualité ces derniers jours. Alors que la justice britannique a refusé son extradition vers les États-Unis en raison d’un risque de suicide, Assange attendait ce mercredi, depuis sa prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, le verdict concernant sa demande de remise en liberté. Une demande refusée par la justice britannique. Retour sur les épisodes d’un feuilleton qui dure depuis de longues années.

2010, le grand déballage

Tout commence en 2010 après la diffusion sur sa plateforme WikiLeaks de plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Des documents parmi lesquels figure notamment une vidéo montrant des civils tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l’agence Reuters.

Lui reprochant d'avoir mis en danger des sources des services américains, accusation que Julian Assange conteste, les États-Unis ouvrent une enquête pour espionnage qui débouchera notamment sur l’arrestation de la source présumée de WikiLeaks : Chelsea Manning, une ancienne analyste militaire américaine, née Bradley Manning. Le 18 novembre 2010, la Suède lance un mandat d'arrêt européen contre Julian Assange dans le cadre d'une enquête pour viol et agression sexuelle de deux Suédoises en août 2010. L'Australien assure que les jeunes femmes étaient consentantes.

Cloîtré pendant sept ans dans l'ambassade d'Equateur à Londres

En décembre de la même année, Assange se livre à la police britannique et est détenu neuf jours avant d’être assigné à résidence. En février 2011, un tribunal londonien valide la demande d'extradition de la Suède dans l’affaire de viols pour laquelle Assange est poursuivi. L'Australien redoute d'être extradé aux États-Unis et d'y encourir la peine de mort. Pour échapper à la justice suédoise et à cette éventuelle extradition, Assange se réfugie le 19 juin 2012 à l'ambassade d'Équateur à Londres et demande l'asile politique.

L'Équateur, présidé alors par Rafael Correa, le lui accorde en août puis exige un sauf-conduit de Londres pour qu'Assange se rende en Équateur. En vain. Pendant près de sept ans, Assange restera cloîtré dans l'ambassade, période pendant laquelle il obtiendra la nationalité équatorienne avant d'en être déchu. Le 2 avril 2019, une rupture se produit avec l’Équateur, alors que le nouveau président équatorien Lenin Moreno affirme qu'Assange a violé l'accord sur ses conditions d'asile.

L'enquête pour viol classée sans suite

Le 11 avril de la même année, Assange est finalement arrêté dans l'ambassade équatorienne par la police britannique. Une arrestation qui va entraîner une demande immédiate de réouverture de l’enquête pour viols en Suède par l’avocate d’une des femmes accusant le fondateur de WikiLeaks. Le 14, l'avocate d'Assange déclare que son client est prêt à coopérer avec les autorités suédoises si celles-ci demandent son extradition mais que la priorité reste d'éviter une extradition vers les États-Unis.

Le 1er mai, Julian Assange est condamné à 50 semaines de prison par un tribunal londonien pour violation des conditions de sa liberté provisoire. La réouverture de l’enquête pour viol s’effectuera finalement le 13 mai par le parquet de Stockholm, avant d’être classée sans suite le 19 novembre 2019, faute de preuves. Plus tard courant mai, la justice américaine va l’inculper de 17 nouveaux chefs en vertu des lois anti-espionnage, en plus de l’accusation de piratage informatique, encourant jusqu’à 175 ans de prison.

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L'extradition, une "peine de mort" ?

Lors d’une visite en prison, toujours en mai 2019, un rapporteur de l’ONU sur la torture affirmera que Julian Assange présente "tous les symptômes (de) torture psychologique" et indiquera en novembre que le traitement infligé met sa vie "en danger". Le 21 octobre 2019, Assange comparaît pour la première fois devant le tribunal de Westminster dans le cadre de la demande d’extradition des États-Unis.

Après un nouvel examen en février 2020, interrompu quatre jours plus tard puis reportée à cause de la pandémie de Covid-19, Julian Assange affirme de nouveau son intention de ne pas être extradé vers les États-Unis le 7 septembre dernier. Pour sa compagne, l'avocate Stella Morris, le livrer aux États-Unis reviendrait à une "peine de mort". Finalement, la juge Vanessa Baraitser annoncera donc le 4 janvier le refus d’extrader Julian Assange outre-Atlantique, avant de refuser sa remise en liberté ce mercredi. Une chose est sûre : le feuilleton Assange est loin d’être terminé.

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