Assange poursuivi pour espionnage, un "grand danger pour les journalistes"

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POURSUITE - L'Australien, fondateur de Wikileaks, est visé par 17 nouveaux chefs d'accusation, qui s'ajoutent aux procédures pour violation de sa liberté provisoire au Royaume-Uni et pour viol en Suède. Il avait déjà été inculpé pour piratage informatique aux Etats-Unis.

Julian Assange a été une nouvelle fois inculpé par la justice américaine jeudi 23 mai, mais cette fois en vertu des lois anti-espionnage, a annoncé le ministre de la Justice américain. Les Etats-Unis reprochent à l'Australien d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks d'une quantité colossale de documents militaires et diplomatiques.

Ils accusent aussi cet homme de 47 ans, détenu à Londres et visé par une procédure d'extradition vers les Etats-Unis, d'avoir "comploté" avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent. Julian Assange est soupçonné d'avoir "aidé" et "incité" cette dernière "à obtenir des informations confidentielles en sachant qu'elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l'avantage d'une nation étrangère", a déclaré le ministère de la Justice, en révélant 17 nouveaux chefs d'inculpation qui ont immédiatement fait réagir les défenseurs de la liberté de la presse.

"Menace directe à la liberté de la presse"

"C'est de la folie", a instantanément réagi l'organisation WikiLeaks sur Twitter. "C'est la fin du journalisme sur les sujets de sécurité nationale et la fin du premier amendement" de la Constitution américaine qui garantit la liberté d'expression, a-t-elle ajouté. Dans un communiqué diffusé plus tard, elle a dénoncé "une attaque sans précédent contre la presse libre mondiale" et une "application extraterritoriale du doit américain", arguant que "les crimes présumés ont été commis hors des Etats-Unis".


Cette inculpation "pose une menace directe à la liberté de la presse et au journalisme d'investigation", a renchéri Reporters sans frontières (RSF), tandis que l'organisation Freedom of the Press évoquait "un grand danger pour les journalistes".

Aucun journaliste responsable ne publierait sciemment les noms de sources confidentielles en zones de guerre"John Demers, ministère de la Justice

"Le ministère prend au sérieux le rôle des journalistes dans notre démocratie, mais Julian Assange n'est pas un journaliste", a rétorqué John Demers, responsable des questions de sécurité nationale au ministère de la Justice, lors d'une conférence de presse. "Aucun journaliste responsable ne publierait sciemment les noms de sources confidentielles en zones de guerre, sachant que cela les exposerait au plus grand danger", a-t-il justifié.


A la suite d'une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, Julian Assange a été interpellé le 11 avril à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il s'y était réfugié en 2012, en partie pour fuir la justice américaine après la publication par Wikileaks de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

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