Justin Trudeau et l'excision : itinéraire d'une intox bien pratique pour ses détracteurs

International

CANADA - Un billet de blog canadien a tracé sa route jusque dans la twittosphère française. A tel point que plusieurs journalistes et responsables politiques ont accusé Justin Trudeau, Premier ministre canadien, de cautionner la pratique de l'excision.

C'était l'indignation du week-end. Sur les réseaux sociaux depuis le samedi 29 juillet, vous avez peut-être vu passer cette information selon laquelle le Premier ministre canadien Justin Trudeau excuserait l'excision, jugeant qu'il ne s'agit pas "d'une pratique barbare". 

Problème : une telle phrase n'a jamais été prononcée. Elle a, en revanche, largement été relayée par de nombreux comptes Twitter français. Comment ? En réalité, tout part d'un tweet de "l'Important", cette plateforme qui sélectionne et relaye des informations trouvées sur Twitter. Bien qu'elle n'apporte pas de plus-value journalistique, elle n'en demeure pas moins influente, forte de ses 85.000 abonnés. Ce samedi, ce compte a donc relayé le message d'un certain @SavoieJac, un internaute qui tweete très régulièrement des réflexions et des articles hostiles à Justin Trudeau. 

Lire aussi

Dans ce tweet sélectionné par L'Important, l'internaute renvoie vers un article : la page "Opinions" du Journal de Québec. Une tribune, en somme, rédigée par Richard Martineau - chroniqueur controversé canadien - et titrée "l'excision du clitoris n'est pas barbare". Seulement, dans cet édito, nulle trace non plus d'une éventuelle citation prêtée à Justin Trudeau. Plutôt une diatribe envers la refonte, souhaitée par le Premier ministre canadien, du Guide de citoyenneté dans le pays. Encore au stade de l'ébauche, ce projet de révision d'un document remis aux immigrants pour préparer l'examen de citoyenneté ne fait plus état des "mutilations génitales" comme de "pratiques culturelles barbares". D'où la colère de certains conservateurs. Mais de l'intox aux gros titres, il n'y avait ici que quelques clics.

Pourtant, même si l'intox était facilement vérifiable, elle a été massivement partagée sur les réseaux sociaux. Certains journalistes et personnalités politiques, d'ailleurs, ne se sont pas embarrassés d'un quelconque approfondissement avant de dégainer leurs critiques acerbes du dirigeant canadien. C'est le cas du frontiste Florian Philippot, de la présidente de région Valérie Pécresse ou encore du journaliste politique Bruno Jeudy.

"On aura tout entendu"

Selon BuzzFeed News, Nadine Morano a elle aussi exprimé sa "colère" et sa "consternation" face à cette info non vérifiée. Un tweet rageur qui, à l'heure actuelle, n'est plus disponible.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter