Kenya : pas de carte d'électeur, pas de sexe

Kenya : pas de carte d'électeur, pas de sexe
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PRESSION - À l'approche des élections générales, prévues en août, une députée kényane a appelé les femmes à la grève du sexe tant que leurs compagnons ne se seront pas inscrits pas sur les listes électorales.

Alors que les Kenyans sont appelés aux urnes en août prochain, Mishi Mboko, une députée kenyane membre de l’opposition, a mis au point un sacré stratagème pour attirer un maximum d’électeurs dans les bureaux de vote. Une condition sine qua non, selon elle, pour que son parti ait une chance de battre le gouvernement de l'actuel président Uhuru Kenyatta.

"Vous leur dites d'aller s'enregistrer et ensuite de revenir s'amuser"

Alors tous les moyens sont bons, et pourquoi pas faire la grève du sexe. Pour cela, elle a lancé un appel à ses concitoyennes : "Femmes, si vos maris ne sont pas inscrits sur les listes électorales, vous leur dites non, vous leur dites d’aller s’enregistrer et ensuite de revenir s’amuser", a-t-elle lancé depuis la ville côtière de Mombasa lundi 16 janvier, à l’occasion du lancement d’une vaste opération d’enregistrement des électeurs.


Car les jours sont comptés, la date limite des inscriptions sur les listes électorales ayant été fixée au 14 février. Du coup, Mishi Mboko ne transigera pas : elle conseille ainsi aux femmes de maintenir cette abstinence tant que ne sera pas apportée la preuve véritable de l'inscription sur les listes, sous forme d'une carte d'électeur valide. 

La grève du sexe, un acte politique ?

Ce n'est pas la première fois que des femmes organisent des grèves du sexe pour appeler au changement ou faire passer un message, même si l'efficacité de la méthode reste difficile à mesurer. Comme le détaille RFI, en 2009, toujours au Kenya, des femmes avaient lancé une "semaine d'abstinence" pour inciter les hommes politiques à régler leurs différends et réformer le pays. Quelques années plus tôt, en 2002, la prix Nobel de la paix (2011) libérienne Leymah Gbowee avait, entre autres, entamer une grève du sexe pour demander la fin de la guerre civile.


En pleine crise politique en Belgique en 2011, des femmes avaient elles aussi appelé à des grèves du sexe pour réclamer la formation d'un gouvernement, tandis qu'en 2006, des Colombiennes avaient mené des opérations "jambes croisées" pour faire cesser la guerre des gangs, puis en 2012 pour demander la construction d'une route.  

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