Kiev à feu et à sang : 25 morts

Kiev à feu et à sang : 25 morts

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UKRAINE - Des affrontements meurtriers entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté mardi dans la capitale ukrainienne. Après avoir lancé un utlimatum à ses opposants, le pouvoir a sonné la charge à 19 heures.

La charge est sonnée à 19 heures. Sous un ciel rougi par le feu des explosions, près de 20.000 manifestants, encerclés par les forces de l'ordre, ripostent par des tirs et des jets de cocktails molotov. Apothéose d'une journée émaillée de violences , Kiev est à nouveau à feu et à sang et les violences se prolongent durant la nuit de mardi à mercredi. L'accalmie n'aura pas duré plus de quinze jours.

Le bras de fer, qui se joue depuis près de trois mois dans la capitale ukrainienne, a tourné dans la matinée à l'escalade meurtrière entre les manifestants hostiles au pouvoir et les forces de l'ordre. Ce mercredi matin, le bilan faisait état d'au moins 25 morts, dont six dans les rangs de la police. Plus de 150 blessés ont par ailleurs été recensés, dont 30 graves. Il s'agit des premiers affrontements de cette ampleur dans la capitale depuis ceux de la fin janvier, qui avaient fait quatre morts.

Femmes et enfants exhortés à quitter Maïdan

Tout commence quand le cortège de manifestants se met en marche, mardi matin, vers le Parlement. Celui-ci doit alors examiner une réforme constitutionnelle réduisant les pouvoirs présidentiels. L'opposition, qui soutient cette mesure, avait promis une "offensive pacifique" pour mettre la pression sur les députés et réclamer, comme il le font depuis plusieurs mois, le départ du président Viktor Ianoukovitch et la formation d'un nouveau gouvernement. Mais la rue s'embrase face aux redoutables forces anti-émeutes, leurs grenades assourdissantes et leurs gaz lacrymogènes, appuyées par une police armée de fusils d'assaut kalachnikov.

Forcés de reculer, les manifestants se retrouvent cernés au Maïdan, place de Kiev devenue depuis décembre le haut lieu de la contestation populaire. Un ultimatum leur est alors lancé : la police est prête à déclencher l'assaut. Mais ignorant les menaces, des dizaines d'opposants reprennent la mairie de la ville, ancien QG de la révolte, moins de deux jours après en avoir été délogés. Au même moment, sur la place, les leaders de l'opposition se relayent à la tribune, s'époumonant au micro pour galvaniser la foule. Jusqu'à la charge policière, à la nuit tombée. Au porte-voix, un ultime avertissement est lancé, sommant femmes et enfants de quitter les lieux avant le départ de l'"opération anti-terroriste".

Mardi soir, les leaders de chaque camp ont fini par se rencontrer. L'un des meneurs de l'opposition, l'ancien boxeur Vitali Klitschko , s'est rendu à la présidence pour voir Viktor Ianoukovitch, a ainsi indiqué la porte-parole de l'opposant. Il devient urgent de s'entendre.

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