Emmanuel Macron : "L'Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu'il a été"

Le président américain Joe Biden prendra la parole ce lundi soir, à 21 heures 45, heure française. Emmanuel Macron, lui, s’est exprimé depuis le fort de Brégançon, pendant que la France organise le rapatriement de ses derniers ressortissants.

RÉCAP' - Le chef de l’État est revenu ce lundi 16 août lors d'une allocution télévisée sur la reprise de Kaboul et d’une grande partie de l’Afghanistan par les talibans, évoquant notamment "l’urgence absolue" de l’évacuation des Français sur place et la réponse face aux menaces terroristes dans le pays.

Alors que la France a lancé ce lundi 16 août l'opération d'évacuation de ses derniers ressortissants d'Afghanistan, après que la capitale Kaboul soit tombée aux mains des talibans, Emmanuel Macron s’est exprimé à 20h au cours d'une allocution télévisée depuis le fort de Brégançon (Var). Une prise de parle d’une dizaine de minutes lors de laquelle le chef de l’État a détaillé sa stratégie face à cette reprise du pouvoir des islamistes qui suscite l’inquiétude de la communauté internationale. L'occasion  également de rappeler l’histoire de l’engagement français dans la région et d'évoquer la gestion des évacuations des ressortissants français ainsi que des possibles flux migratoires à venir. 

Si ce "tournant historique" reste "loin de nos frontières", il a "des conséquences majeures pour l'ensemble de la communauté internationale, pour l'Europe et pour la France", a estimé le président de la République. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

L'engagement des forces françaises entre 2001 et 2014, "un combat juste"

Emmanuel Macron est d’abord revenu sur les interventions occidentales, et notamment françaises, depuis l'arrivée des forces de l'Otan sur le sol afghan à la suite des attentats du 11 septembre 2001. "Notre pays a été, pendant treize années, engagé militairement en Afghanistan, de 2001 à 2014", a-t-il rappelé, évoquant le soutien apporté par le président Jacques Chirac à compter d’octobre 2001 à la coalition internationale, avec pour objectif de lutter contre des "menaces terroristes". Une lutte qui a pris fin le 31 décembre 2014 avec le retrait des troupes françaises, qui s'est organisé sous les présidences de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, relayé par une "action civile" auprès la population. 

"Notre combat était juste et c'est l'honneur de la France de s'y être engagé", a affirmé Emmanuel Macron. "Nos interventions militaires n'ont pas vocation à se substituer à la souveraineté des peuples ni à imposer la démocratie de l'extérieur, mais à défendre la stabilité internationale et notre sécurité partout", en particulier face au terrorisme, a-t-il ajouté, avant de rendre hommage aux militaires français engagés sur place ainsi qu’à leurs familles, rappelant le bilan de 90 soldats tués. 

Évacuer les Français et les Afghans ayant travaillé pour la France, "l'urgence absolue"

"L'urgence absolue est de mettre en sécurité nos compatriotes, qui doivent tous quitter le pays, ainsi que les Afghans qui ont travaillé pour la France", a poursuivi le chef de l’État, revenant à la situation actuelle du pays et la prise de sa capitale Kaboul ce dimanche 15 août. Pour ce faire, le président a annoncé "l'envoi de deux avions militaires et de nos forces spéciales", qui "seront sur place dans les prochaines heures".

Les ressortissants français ont déjà été progressivement évacués "en anticipation ces dernières semaines", a-t-il affirmé, indiquant que le gouvernement était en contact avec les rares Français toujours sur place. 

"La France est l'un des très rares pays à avoir décidé de maintenir sur jusqu'au bout les moyens de protéger ceux qui ont travaillé pour elle", a ajouté Emmanuel Macron en mentionnant plus de 600 employés afghans de structures françaises d’ores et déjà accueillis en France. En tout, plus 800 Afghans seraient actuellement sur le sol français. "C'est notre devoir et notre dignité de protéger qui nous aide : interprètes, chauffeurs, cuisiniers et tant d'autres."

Un dispositif va également être déployé pour accueillir "les personnels civils afghans qui ont travaillé pour l'armée française ainsi que leurs familles", soit "plusieurs dizaines de personnes". Emmanuel Macron a également promis de soutenir "les artistes, journalistes, militants (...) menacés en raison de leur engagement".

Lutter contre la menace terroriste et organiser la gestion des flux migratoires

Le président a également évoqué la réponse internationale à venir face à la menace terroriste dans le pays. "Notre action visera à continuer de lutter activement contre le terrorisme islamiste sous toutes ses formes", a-t-il affirmé, ajoutant que "des groupes terroristes sont présents en Afghanistan et chercheront à tirer profit de la déstabilisation". Des "initiatives communes" devraient être prises dans les heures à venir, conjointement avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, et le chef de l’État espère convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU de "coopérer". Et de souligner : "L'Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu'il a été."

Quant aux flux migratoires qui risquent d’être générés par la reprise de pouvoir des talibans, "l'Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle", a fait valoir Emmanuel Macron, assurant toutefois que "nous (les Français) prendrons toute notre part"

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"Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers, importants, qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toutes natures", a poursuivi. "Une réponse robuste, coordonnée et unie qui passera par la lutte contre les flux irréguliers" est prévue conjointement avec la chancelière allemande Angela Merkel et d’autres pays européens.

Emmanuel Macron a également adressé un message de soutien aux Afghans qui retombent sous le joug des talibans. "Le peuple afghan a le droit de vivre dans la sécurité et le respect de chacun. Les femmes afghanes ont le droit de vivre dans la liberté et la dignité." Avant de conclure : "Le destin de l'Afghanistan est entre ses mains mais nous resterons, fraternellement aux côtés des Afghans et des Afghanes (...) En disant très clairement à ceux qui optent pour la guerre, l'obscurantisme et la violence aveugle qu'ils font le choix de l'isolement et d'une misère sans fin."

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