L'agence Frontex accusée de tolérer des maltraitances sur migrants

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ENQUÊTE - L'agence Frontex aurait laissé des garde-frontières locaux maltraiter des migrants et est soupçonnée d'avoir violé les droits de l'Homme lors d'expulsions.

Frontex, l'agence chargée des frontières extérieures de l'UE, est accusée par plusieurs médias d'avoir toléré des 

maltraitances commises sur des migrants par des fonctionnaires locaux et d'avoir elle-même violé les droits de l'Homme lors d'expulsions.

Une enquête conjointe du site d'investigation Correctiv, du quotidien britannique Guardian et de la chaîne allemande ARD, qui diffusera son reportage mardi, reproche à Frontex de laisser des garde-frontières "en Bulgarie, en Hongrie et en Grèce" traquer les demandeurs d'asile avec des chiens, recourir à des sprays au poivre ou les refouler brutalement. Les trois médias disent s'appuyer sur "des centaines de documents internes de Frontex" pour étayer ces maltraitances, régulièrement "classées sans suite" par l'agence européenne, affirme ARD dans les premiers extraits dévoilés sur son site.

Or Frontex a la possibilité de retirer son propre personnel de ces pays et en ne le faisant pas, elle se montre complice, accuse le responsable du Forum consultatif de l'agence, Stephan Kessler, cité dans l'émission d'ARD. Interrogée par nos confrères de l'AFP, l'agence basée à Varsovie indique que jusqu'à présent, aucune plainte n'a été déposée contre un agent de Frontex. Elle ajoute vouloir "examiner la question" et prendre "les mesures qui s'imposent" en ce qui concerne ces allégations. "Il convient toutefois de noter que si l'agence peut suspendre un agent déployé par Frontex dans le cadre de ses opérations, elle n'a pas autorité sur le comportement des polices aux frontières locales ni le pouvoir de mener des enquêtes sur le territoire de l'UE", ajoute Frontex dans un communiqué. 

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Des fonctionnaires de l'agence directement impliqués

Par ailleurs, selon un autre document interne, des fonctionnaires de l'agence sont cette fois directement impliqués dans l'expulsion de mineurs non accompagnés ou de demandeurs d'asile placés sous sédatif durant leur vol d'expulsion.

De son côté, la Commission européenne va "suivre" le travail de Frontex  pour "voir si les faits rapportés sont exacts" et en tirer les conséquences  "appropriées", a indiqué une porte-parole, Mina Andreeva, lors d'un  point-presse lundi.

Après l'afflux migratoire de l'été 2015, Frontex a vu en 2016 sa mission élargie et ses ressources renforcées pour devenir "l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes". Frontex dispose d'environ un millier de fonctionnaires et d'un réservoir de 1.500 réservistes déployables en cas de crise. Ils peuvent, par exemple, assister les fonctionnaires locaux en participant à  l'enregistrement et à l'identification des migrants à leur arrivée.

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