L'Australie avait de "profondes et sérieuses réserves" concernant les sous-marins français, riposte son gouvernement

L'Australie avait de "profondes et sérieuses réserves" concernant les sous-marins français, riposte son gouvernement

DIPLOMATIE - Le Premier ministre australien Scott Morrison assure que le gouvernement français savait que Canberra avait de "profondes et graves réserves" concernant les sous-marins, dont la rupture du contrat a provoqué une importante crise entre la France, l'Australie et les États-Unis.

La crise diplomatique entre la France et l'Australie se poursuit, voire s'aggrave. Le Premier ministre australien Scott Morrison a déclaré ce dimanche que le gouvernement français savait que Canberra avait de "profondes et graves réserves" concernant les sous-marins français, avant que l'accord d'achat ne soit rompu. Scott Morrison a indiqué qu'il comprenait la "déception" du gouvernement français, mais a ajouté qu'il avait soulevé les problèmes liés à l'accord "il y a quelques mois", comme d'autres ministres du gouvernement australien.

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"Je pense qu'ils auraient eu toutes les raisons de savoir que nous avions de profondes et graves réserves quant au fait que les capacités du sous-marin de classe Attack ne répondaient pas à nos intérêts stratégiques et nous avions clairement indiqué que nous prendrions une décision basée sur notre intérêt stratégique national", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Sydney. Selon lui, il aurait été "négligent" d'aller de l'avant avec ce contrat malgré les conseils des services australiens de renseignement et de la défense, qui estimaient que cela irait à l'encontre des intérêts stratégiques de l'Australie. "Je ne regrette pas la décision de faire passer l'intérêt national de l'Australie en premier. Je ne le regretterai jamais", a-t-il déclaré.

Les Australiens connaissaient parfaitement les capacités du sous-marin français- Pierre Conesa, maître de conférences à Sciences Po

S'exprimant sur Sky News Australia plus tôt dans la journée, le ministre de la Défense Peter Dutton a assuré que son gouvernement avait été "franc, ouvert et honnête" avec la France sur ses préoccupations concernant l'accord, qui a dépassé le budget et pris des années de retard. Le ministre a déclaré comprendre la "contrariété des Français", mais que "les suggestions selon lesquelles le gouvernement australien n'a pas signalé ses inquiétudes défient, franchement, ce qui est dans le dossier public et certainement ce qui a été dit publiquement pendant une longue période".

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Pour Pierre Conesa, maître de conférences à Sciences Po, les explications du gouvernement australien viennent s'ajouter à la "partie de poker menteur" en cours entre les différents dirigeants. "L'originalité du marché de l'armement est que les concurrents sont aussi des alliés", note-t-il sur LCI. "Les Australiens connaissaient parfaitement les capacités du sous-marin français, conventionnel. [...] Chacun ment sur des marchés où seul l'intérêt national prévaut. La question est désormais de savoir ce que les Australiens vont payer pour compenser le contrat."

Du côté de Washington, d'après les sources diplomatiques, il n'a jamais été question de prévenir la France de l'accord entre les États-Unis et l'Australie. Selon les Américains, informer Paris de cette nouvelle alliance revenait à Canberra. Désormais, dans les cercles diplomatiques, il semble que certains aient des regrets et auraient voulu pousser l'Australie à prévenir la France. Ils regrettent également d'avoir heurté le plus vieil ami des États-Unis, alors que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drien, évoque maintenant une "crise grave" entre les différents pays.

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