L’Australie va abattre 2 millions de chats sauvages

L’Australie va abattre 2 millions de chats sauvages
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GUERRE - L’Australie envisage de tuer 2 millions de chats sauvages. La raison ? Ils seraient responsables de la disparition de plusieurs espèces endémiques du pays.

"C’est l’une des espèces invasives les plus destructrices" présente sur 99,8% du pays. Selon une étude du journal Biological Conservation menée par quarante scientifiques et publiée début janvier, les chats sauvages seraient responsables de la disparition d’une trentaine d’espèces endémiques de l’Australie. C’est pourquoi l’île envisage d’en abattre 2 millions. 


Parmi les espèces concernées, qui se composent principalement de mammifères, le bandicoot-lapin à queue blanche ou la souris sauteuse à grande oreille auraient déjà disparu, note Le Monde. C’est dans ce pays que le taux d’extinction des mammifères est le plus élevé depuis 200 ans. Et les chats menacent encore des dizaines d’autres mammifères, mais aussi des oiseaux ou encore des reptiles. Le chat a été introduit en Australie par les premiers colons, à la fin du 18e siècle, dans le but de s’attaquer aux souris qui se trouvaient principalement dans les fermes.

Des animaux domestiques laissés dans la nature

"C’était à l’origine des animaux domestiques, mais ils ont été laissés dans la nature et vivent depuis comme des animaux sauvages. Ils s’adaptent très rapidement à leur environnement, ce sont de formidables chasseurs", explique Sarah Legge de l’Université du Queensland et co-auteure de l’étude citée par le quotidien. "L’Australie est le seul continent autre que l’Antarctique où les animaux ont évolué en l’absence de chats, ce qui explique pourquoi notre faune est tellement vulnérable face à eux", précise Gregory Andrews, commissaire chargé des espèces menacées au sein du gouvernement. 


Le gouvernement australien avait pris ces mesures drastiques en juillet 2015, date à laquelle il estimait à 20 millions le nombre de chats sauvages sur le continent. C’est pour cette raison que plusieurs scientifiques ont décidé de comptabiliser à nouveau les félins. Grâce à des caméras installées dans le bush australien, les chercheurs ont estimé entre 2,1 et 6,3 millions le nombre de chats actuellement dans le viseur du gouvernement. Un chiffre certe revu à la baisse, mais qui prouve simplement que "l’impact par chat est plus important que ce qu’on pensait jusqu’ici", note Sarah Legge. 


La chercheuse s’interroge cependant sur l’objectif des 2 millions de chats tués. Il vaudrait mieux selon elle définir des zones prioritaires, cibler les endroits où l’élimination de ces animaux produira les plus grands bénéfices. Il faudrait par exemple davantage d’îles sans chat, protéger plus de zones avec des clôtures. "Des progrès sont réalisés pour développer du poison attirant les chats, assure Sarah Legge. Les chiens sauvages, les dingos, semblent être efficaces pour réduire le nombre de chats."

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