L'extradition de Carles Puigdemont en Espagne autorisée par la justice allemande

CATALOGNE - La justice allemande a autorisé jeudi 12 juillet la remise à Madrid du leader indépendantiste catalan, pour le motif de malversations mais pas pour celui de rébellion. Il appartient désormais au procureur d'extrader Carles Puigdemont, qui reste libre en attendant.

Est-ce la décision qui précipitera le leader indépendantiste catalan en prison ? La justice allemande a autorisé la remise de Puigdemont  à Madrid pour malversations. Ce dernier avait été interpellé fin mars dans le nord de l'Allemagne, alors qu'il revenait de Finlande en Belgique, où il s'était réfugié. La justice allemande a en revanche rejeté le motif plus grave de "rébellion" pour lequel l'ex-président de la Catalogne est inculpé en Espagne, après avoir organisé le référendum d'indépendance catalan à l'automne 2017.


"L'extradition pour l'accusation de détournement de fonds publics est recevable, une extradition pour l'accusation de rébellion n'est pas recevable", a indiqué le tribunal du Schleswig-Holstein, ajoutant qu'il revient désormais au procureur d'organiser l'extradition de Carles Puigdemont, qui "reste libre" dans l'intervalle. Le parquet a déclaré qu'il allait "décider sous peu de l'autorisation d'extrader l'accusé pour détournement de fonds".

Cette décision de la justice allemande pourrait ainsi empêcher un procès pour rébellion, un crime passible de 30 ans de prison en Espagne. "La cour part du principe que le tribunal espagnol respectera (la décision allemande) et qu'il ne poursuivra pas l'accusé Puigdemont pour rébellion en plus de l'accusation de corruption", indique le tribunal.


Les juges allemands ont également rejeté les arguments de Carles Puigdemont, qui estimait que son extradition devait être interdite, car il se dit victime de poursuites politiques. "Il est aberrant de porter (une telle accusation) contre l'Etat espagnol, 

membre de la communauté de valeur et de l'espace juridique de l'Union européenne", a affirmé le tribunal.


En réaction, Carles Puigdemont a annoncé qu'il se battrait "jusqu'au bout" contre cette décision. Il s'est par ailleurs félicité que "la justice allemande [ait] dit que le référendum du 1er octobre n'est pas de la rébellion", ce qu'il avait qualifié de "principal mensonge soutenu par l"Etat". 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter