L'Italie et Malte refusent d'accueillir le navire Open Arms et ses 121 migrants

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AIDE HUMANITAIRE - Le bateau, qui vogue près des deux pays depuis six jours, s'est vu imposer l'interdiction de débarquer à Malte et en Italie, mercredi 7 août. La péninsule le menace également de sanctions financières particulièrement lourdes en cas de violation.

Après six jours de navigation sans but avec 121 migrants à bord, le navire humanitaire Open Arms, affrété par l'ONG espagnole Proactiva, a finalement reçu la mauvaise nouvelle en provenance à la fois de Malte et de l'Italie. Il lui est interdit de procéder à tout débarquement sur l'île et sur la Botte. 


Le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, qui vient d'emporter le vote des deux chambres pour renforcer considérablement l'arsenal législatif anti-migrants, a même menacé l'ONG : "Que l'Open Arms ne l'oublie pas, les eaux territoriales sont fermées pour lui et nous sommes prêts à confisquer le navire". Toute violation, du fait de la nouvelle loi, exposerait le commandant ou l'armateur du navire à une amende pouvant aller jusqu'à un million d'euros. 

La lutte pour leurs droits est également la lutte pour les nôtres. Aidez-nous !L'ONG Proactiva

Errant entre l'île italienne de Lampedusa et la côte Sud-Ouest de Malte, Open Arms demande depuis lundi lundi une solution européenne pour trouver un accord de répartition entre plusieurs pays de l'Union, préalablement à leur débarquement sur le territoire le plus proche. Une issue qui n'est donc pas intervenue, suscitant l'ire de l'ONG : "Six jours sont passés sans réponse, sans que les personnes à bord voient leur dignité reconnue. [...] Nous ne nous reconnaissons pas dans cette Europe, dans ses Etats lâches, dans sa politique vide. La lutte pour leurs droits est également la lutte pour les nôtres. Aidez-nous."


Une prise de position qui situe l'attitude générale des ONG venant en aide aux migrants depuis le milieu de l'été, avec une reprise générale des patrouilles par plusieurs navires humanitaires pour venir en aide aux migrants, comme un pied de nez face à l'immobilisme européen, un an après la crise de l'Aquarius. "Nous continuerons jusqu'à ce que l'Union européenne change sa politique migratoire", avait averti auprès de l'AFP le fondateur de Proactiva Open Arms Oscar Camps. SOS Méditerranée a, de son côté, affrété un nouveau navire, l'Ocean Viking, qui a quitté Marseille dimanche 3 août en direction des côtes libyennes. 

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