L'Italie impose le pass sanitaire à tous les travailleurs, manifestations et blocages en vue

L'Italie impose le pass sanitaire à tous les travailleurs, manifestations et blocages en vue

INCITATIONS - L'Italie se préparait vendredi à des manifestations contre l'entrée en vigueur du pass sanitaire obligatoire pour tous les travailleurs. Parallèlement, les statistiques concernant les patients admis aux soins intensifs dans les hôpitaux du pays sont éloquentes.

A compter de ce 15 octobre en Italie, toute personne n'ayant pas été vaccinée ou n'ayant pas récemment guéri du Covid-19 doit montrer à son employeur la preuve d'un test négatif qu'elle a elle-même payé, sous peine d'être déclarée absente et privée de salaire.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Mais la mesure a provoqué de violentes manifestations à travers le pays, notamment dans la capitale, Rome, samedi dernier, où des milliers de personnes, dont des militants d'extrême droite ont pris d’assaut le siège de la Confédération générale italienne du travail (CGIL). Ce vendredi, jour de son entrée en vigueur, le pays se préparait à de nouvelles mobilisations, blocages et perturbations potentielles de l'économie. D'autres sont prévues ce samedi.

L'économie bousculée ?

Les dockers de Trieste, un port important du nord-est, ont menacé de bloquer l'activité, tandis que des perturbations sont possibles dans le transport routier. Ivano Russo, directeur général de Confetra, la Confédération générale italienne des transports et de la logistique, une association patronale, a indiqué à l'AFP que sur un total de 900.000 chauffeurs routiers, courriers et employés d'entrepôts, "entre 25 et 30%" ne possèdent pas de pass sanitaire. Le gouvernement a offert des tests gratuits aux dockers de Trieste, tandis que certains opérateurs de terminaux dans le port de Gênes proposent de payer eux-mêmes.

"Le vrai problème du Green pass pour le port de Gênes, et en général pour tous les ports, sera le transport routier", a déclaré Roberto Gulli, du syndicat Uil, au journal La Repubblica. "Il pourrait y avoir du chaos vendredi".

Un moyen d'éviter de nouveaux confinements

Entre-temps, le gouvernement est déterminé à éviter une répétition des violences du week-end dernier, imputées à un petit groupe d'extrême droite, Forza Nuova, qui, selon les experts, a infiltré les manifestations. Le gouvernement du Premier ministre Mario Draghi a défendu le pass sanitaire comme un moyen d'éviter de nouveaux confinements en Italie, l'un des pays européens les plus durement touchés par la pandémie, qui a fait plus de 130.000 morts et entraîné une baisse de son PIB de 8,9% en 2020. 

Plus de 85% des Italiens âgés de plus de 12 ans ont reçu au moins une dose, mais jusqu'à trois millions de non vaccinés, qui risquent de se voir refuser l'accès à leur lieu de travail, restent à convaincre.

A l'hôpital, les chiffres parlent d'eux-mêmes

Dans ce contexte, les chiffres concernant les patients admis aux soins intensifs pour la Covid-19 renvoient à une réalité cruelle. En témoigne l'exemple de l'hôpital ICC Casalpalocco Covid de Rome où 17 patients concernés sur 19  ne sont pas vaccinés. "Entre 90 et 95% de nos patients en unité de soins intensifs ne sont pas vaccinés", les autres ayant reçu une seule dose ou présentant des pathologies à un âge avancé, souligne  le professeur Roberto Mezzanotte, le directeur médical de l'hôpital. "Et ce sont les plus à risque, ceux dont l'état s'aggrave plus facilement et qui ont besoin d'une intubation et d'une respiration assistée".

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Les raisons pour lesquelles les patients ont choisi de ne pas se faire vacciner varient, selon le professeur Mezzanotte, mais la principale d'entre elles est "la peur que le vaccin ne soit nocif". Parmi eux, Francesco, un "no vax" qui aujourd'hui regrette de ne pas avoir accepté l'injection. "Le vaccin n'inspire pas confiance mais malheureusement il faut le faire car de toute façon c'est la seule chose qui puisse aider à ce stade précis de la pandémie", explique cet homme de 41 ans dans sa chambre de soin. "Après cette expérience malheureusement difficile que j'ai surmontée, je le ferai", dit-il quand on lui demande s'il se fera vacciner. 

Un autre patient, Salvatore, 55 ans, raconte, quant à lui, qu'il n'a pas réussi à se faire vacciner avant de tomber gravement malade. Il avait des rendez-vous pour recevoir le sérum, mais ne s'est pas présenté, faute de temps. "En quelques heures, la personne pleine de vitalité que j'étais est devenue un sac vide, privé de force", se souvient-il, sous oxygène, le doigt dans un oxymètre.

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