L’ONU accuse Bachar al-Assad d’une attaque au gaz sarin, les USA assurent que son régime n’a pas d’avenir

L’ONU accuse Bachar al-Assad d’une attaque au gaz sarin, les USA assurent que son régime n’a pas d’avenir

SYRIE - Un rapport de l'ONU accuse clairement le régime de Damas d'être responsable d'une attaque au gaz sarin en avril dernier, rejoignant les accusations de Washington, Londres et Paris. Peu avant sa diffusion, le secrétaire d'Etat américain estimait que l’avenir du pays s’écrirait sans Bachar al-Assad et sa famille.

L'avenir de la Syrie s'écrira sans Bachar al-Assad ont tonné les Etats-Unis jeudi : "Nous ne pensons pas qu'il y ait un avenir pour le régime Assad et la famille Assad, a indiqué Rex Tillerson. Je pense l'avoir dit à plusieurs occasions. Le règne de la famille Assad arrive à sa fin, la seule question qui reste est de savoir comment cela sera provoqué". Le message du secrétaire d'Etat américain avait rarement été aussi clair. 

Quelques heures plus tard, des experts de l'ONU et de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) rendaient leurs conclusions sur l'attaque au gaz sarin survenue le 4 avril dernier à Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie. 80 personnes y avaient perdu la vie. "Le gaz sarin a été le résultat d'une bombe larguée par un avion", affirme le rapport, "certain que le responsable de cette attaque (...) est le régime syrien". L'expertise rejoint les accusations des Etats-Unis, de la France ou encore du Royaume-Uni.

Les images des habitants agonisants de Khan Cheikhoun, dont de nombreux enfants, avaient frappé la communauté internationale et choqué la planète. Le président américain Donald Trump avait notamment qualifié de "boucher" son homologue syrien.

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Syrie : une attaque chimique fait au moins 58 morts, l'usage du gaz sarin évoqué

La communauté internationale divisée

"Le Conseil de sécurité doit envoyer un message clair : aucun usage d'arme chimique ne sera toléré et il faut apporter un soutien total aux enquêteurs indépendants", a réagi de son côté l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley. "Tout pays qui se refuse à le faire ne vaut pas mieux que les dictateurs et les terroristes qui utilisent ces armes terribles", a-t-elle ajouté.

Le rapport a délivré une "conclusion claire", a abondé le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, qui a exhorté "la communauté internationale à s'unir pour tenir le régime de Bachar al-Assad responsable" de cette attaque. "J'appelle la Russie à cesser de couvrir son abject allié et à tenir son propre engagement, qui est de s'assurer que les armes chimiques ne soient plus jamais utilisées", a-t-il réclamé.

Du côté des organisations de défense des droits de l'homme, on réclame des sanctions. "Le Conseil de sécurité devrait agir rapidement pour assurer que des comptes soient rendus, en imposant des sanctions contre les individus et entités responsables d'attaques chimiques en Syrie", indique ainsi dans un communiqué Human Rights Watch.

Mais dans le rang des alliés de Bachar al-Assad, on grince des dents. "Nous ne devrions pas anticiper l'avenir, le futur seul sait ce qui attend chacun", a ainsi répondu l'ambassadeur russe aux Nations unies, Vasily Nebenzia.

Un nouveau cycle de pourparlers engagé

L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait souligné plus tôt dans la journée qu'un nouveau cycle de pourparlers sur la Syrie se tiendrait à partir du 28 novembre à Genève, sous l'égide de l'ONU. "Nous devons engager les parties dans de vraies négociations", a déclaré le diplomate suédo-italien. Mais cette annonce de recherche de solution pacifique a été largement occultée par les déclarations de Rex Tillerson.

Staffan de Mistura a déjà organisé sept sessions de discussions entre le régime syrien et l'opposition. Jamais il n'a réussi à surmonter le principal obstacle, qui concerne le sort du président Bachar al-Assad. Le fils de l'ancien président Hafez al-Assad, soutenu par les forces armées iraniennes et russes, n'a pas abandonné les rênes du pays, plongé depuis 2011 dans une guerre civile sanglante. Il n'a cessé de répéter qu'il ne démissionnerait pas sous la pression des rebelles, qu'il qualifie de "terroristes". La pression pourrait venir d'ailleurs : plusieurs puissances occidentales, l'opposition syrienne et les pays arabes voisins accusent Bachar al-Assad d'être responsable des 333.000 morts du conflit. 

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