L'Ouzbékistan pleure son dictateur Karimov, au pouvoir depuis 25 ans

DirectLCI
FUNÉRAILLES - Des fleurs sur des kilomètres, lancées au passage de la dépouille d'Islam Karimov. L'Ouzbékistan a enterré ce samedi son premier et seul président, homme fort du pays pendant plus de 25 ans.

L'Ouzbékistan enterrait ce samedi 3 août son président Islam Karimov, mort à 78 ans des suites d'une hémorragie cérébrale après avoir dirigé d'une main de fer pendant plus de 25 ans le pays le plus peuplé d'Asie centrale. Trois jours de deuil national ont été décrétés.


Les funérailles du premier et seul président de l'Ouzbékistan indépendant, loué par ses partisans pour avoir maintenu la stabilité dans cet Etat musulman frontalier de l’Afghanistan mais accusé par ses détracteurs de graves atteintes aux droits de l'Homme, se tiennent dans sa ville natale de Samarcande, joyau historique sur la Route de la Soie.

Interrompant brièvement son programme de musique traditionnelle, la télévision nationale a montré samedi matin la foule massée le long des artères de la capitale, Tachkent, empruntées par le cortège transportant le corps du président. Des soldats ont porté le cercueil dans l'avion qui s'est envolé vers Samarcande, dans le sud du pays.


Dans la ville natale du chef d'Etat, de nombreux Ouzbeks, portant des chapeaux traditionnels noirs brodés de fil blanc, ont assisté au passage du cortège à son arrivée mais peu d'entre eux pouvaient accéder au site des funérailles. Parmi les invités officiels figurent le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, principal allié du pays.

Un dictateur méconnu

Islam Karimov fait figure d'archétype des dirigeants arrivés au pouvoir avant la chute de l'Union soviétique, à l'instar du défunt président turkmène Saparmourat Niazov et de Noursoultan Nazarbaïev toujours au pouvoir au Kazakhstan. Né le 30 janvier 1938, il a gravi tous les échelons de l'appareil du Parti communiste à l'époque de l'URSS jusqu'à prendre la tête de la république soviétique d'Ouzbékistan. A l'indépendance, en 1991, il se maintient au pouvoir et s'emploie à éliminer tous ses opposants.


De nombreuses ONG accusent Karimov d'avoir régulièrement truqué les élections, arrêté arbitrairement des centaines d'opposants et soutenu le recours à la torture dans les prisons. Avec la disparition de Karimov dans un pays dépourvu de tradition de transition démocratique s'ouvre un période potentiellement compliquée.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter