La belle histoire du jour : mariée de force à 13 ans, elle s'en sort en devenant une championne de lutte

La belle histoire du jour : mariée de force à 13 ans, elle s'en sort en devenant une championne de lutte

INDE – Une jeune Indienne a franchi tous les obstacles pour réaliser son rêve : devenir lutteuse professionnelle. Pourtant, très tôt, elle avait dû se soumettre aux règles d'une société hostile aux femmes.

Cette Indienne est en train de faire tomber bon nombre de stéréotypes dans son pays. A l'âge de 13 ans, Neetu Sarkar est mariée par ses parents à un homme de 43 ans, handicapé mental, vivant dans le même village de Bhiwani. Sarkar s'enfuit trois jours après, provoquant la colère de sa famille. Le jeune fille est alors remariée à un autre homme, au chômage, qui vit au crochet de sa mère. A 14 ans, elle donne naissance à des jumeaux. C'est donc sa belle-mère qui financera leur logement et l'éducation des enfants. A cause de cette situation précaire, Sarkar ne pourra "pas penser au sport pendant deux ou trois ans".

"Je devais lutter en robe"

Fascinée par la lutte féminine, Sarkar décide alors d'en faire son métier. Une décision difficile : "Au début, mes proches ne voulaient pas me laisser faire de la lutte. Je devais porter une robe lorsque je luttais", raconte Sarkar au journal Hindustan Times , ajoutant : "Moi, je voulais vraiment pratiquer ce sport. Mais ils m'ont mariée, puis j'ai eu des enfants. Mais à chaque fois que je voyais une fille lutter, j'étais attirée. Je voulais aller la voir et lui demander : quel est ce sport ?"


Seule contre la société indienne

Sarkar a du aussi affronter les réactions négatives des habitants de son village. "Les gens conseillaient à mon mari de ne pas me laisser lutter. Mais mon mari m'a soutenu. Il me disait : tu n'a même pas besoin de gagner. Je me moque de tes médailles ou de tes victoires. Je veux juste que tu travailles dur. Je veux que tu poursuives tes rêves." Avec son soutien, Sarkar a persévéré. Chaque jour, elle s'est levée à 3h du matin, a marché 90 minutes pour atteindre le village de Rohtak afin de commencer son entrainement à 5h30. Elle s'entrainait plus de six heures par jour et rentrait chez elle à 21h.

Les mariages d'enfants sont toujours monnaie courante en Inde. Les filles sont parfois mariées à peine pubères. Celles qui vivent dans les campagnes, comme Sarkar, sont encore plus sujettes à être mariées jeunes que les filles des zones urbaines. Pourtant en Inde, l'âge légal du mariage pour les filles est de 18 ans. On estime à 47% le taux d'Indiennes mariées avant leur majorité.

Malgré toutes ces difficultés économiques et sociales, aujourd'hui âgée de 21 ans, Sarkar est devenue une lutteuse de classe mondiale. La championne de son village. Cette année, elle a remporté une médaille d'argent au Championnat d'athlétisme indien et elle a représenté son pays au Championnat du monde Junior au Brésil, en août. Et elle affirme que la vision des gens a changé : "Ceux qui, hier, disait du mal de moi et de ma passion, maintenant, ils me demandent d'enseigner la lutte à leurs filles."

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