La belle histoire du jour : victimes d'attaques à l'acide, elles posent pour des photos de mode

La belle histoire du jour : victimes d'attaques à l'acide, elles posent pour des photos de mode
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INDE - Rupa a été victime d'une attaque à l'acide en 2008. Aujourd'hui, cette jeune créatrice indienne prend la pose avec d'autres victimes pour promouvoir sa ligne de vêtements. Et changer le regard d'une société.

C'est l'histoire de cinq femmes indiennes qui ont décidé de ne plus avoir honte. Toutes ont été victimes d'attaques à l'acide dans leur pays, où ce genre d'agressions, peu connues aux yeux du monde, est fréquent. Rupa n'avait que quinze ans lorsque sa belle-mère, qui la battait régulièrement, lui a jeté le produit qui la défigurera. "J'ai hurlé, j'ai appelé à l'aide, personne n'a bougé", raconte sur CNN la jeune femme, aujourd'hui âgée de 22 ans.

Son rêve de devenir designer s'envole. Comme de nombreuses victimes, Rupa n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle ne sort plus, se cache. Il lui faudra trois années et onze opérations de chirurgie pour se regarder à nouveau dans un miroir. Aidée par l'association Stop acid attacks , Rupa a aujourd'hui lancé sa propre ligne de vêtements. Et accepté de dévoiler ce corps meurtri, aux côtés de quatre autres survivantes d'attaques à l'acide.

Bousculer les consciences

Un shooting mode pour promouvoir ses créations mais avant tout, changer le regard d'une société. "Dans un pays où les femmes victimes ne sont pas soutenues et n'osent plus se montrer, ces photos sont révolutionnaires", estiment les cinq mannequins d'un jour. En 2013, la Cour suprême de l'Inde a adopté une loi visant à contrôler la vente d'acide sur les marchés. Laquelle a été peu appliquée. Selon l'association , 200 attaques ont été recensées par la police depuis janvier 2013. Un nombre qui serait en réalité bien plus important, peu de victimes osant porter plainte.

Une campagne de financement participatif a également été lancée pour aider Rupa. Car la jeune créatrice espère aujourd'hui ouvrir sa propre boutique à Delhi et employer des femmes qui, comme elles, ont trop longtemps dissimulé leurs cicatrices.

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