La boulette des Etats-Unis, qui ont annoncé "par erreur" leur retrait d’Irak, avant de démentir

Irak : l'énorme boulette américaine
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Iran - Etats-Unis : l'inquiétante escalade

IMBROGLIO - Lundi 6 janvier, les Etats-Unis ont fait une gaffe en envoyant à l'Irak une lettre annonçant le retrait de leurs troupes. Mais cette lettre a été envoyée par erreur, et le retrait n'est en fait pas d'actualité, comme l'a déclaré dans la foulée Washington.

C’est ce qui s’appelle un cafouillage dans les règles de l’art, une bourde qui en serait risible si la situation n’était pas aussi sérieuse. Lundi 6 janvier, via une lettre, les Etats-Unis ont annoncé le retrait des troupes américaines en Irak… avant de démentir dans la foulée.

La lettre, signée du général William H. Seely, commandant des opérations militaires américaines en Irak, expliquait au commandement militaire irakien que Washington était en train de "repositionner" les forces de la coalition antidjihadistes dans le but d'"un retrait de l'Irak de manière sécurisée et efficace". Selon ce document, le retrait visait à respecter la décision du Parlement irakien, qui avait exhorté la veille le gouvernement à expulser les troupes étrangères du pays, après l’assassinat à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani. 

Une "erreur commise en toute bonne foi"

Après un premier retrait du pays en 2011, sous Obama, puis un redéploiement en 2014 pour combattre le groupe Etat islamique, les Etats-Unis s’apprêteraient donc à quitter une fois de plus l’Irak, et ce alors que, la veille même, Donald Trump avait tempêté contre l'Irak qui menaçait de voter l'expulsion de l'armée ? Non, car la missive, bien qu’authentique, n’aurait en fait jamais dû être envoyée. "C'était un projet [de lettre] non signé", a expliqué, dans la cacophonie, le chef d'état-major américain, le général Mark Milley. "C'est une erreur commise en toute bonne foi", a-t-il indiqué, précisant que le courrier était destiné à quelques leaders militaires irakiens parce que les mouvements de troupes américaines en Irak se sont accrus ces derniers jours. Et de pointer du doigt un paragraphe "mal formulé", qui "implique un retrait" : "Ce n'est pas ce qui se passe", assure le général Milley.

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Même discours du côté du chef du Pentagone Mark Esper, qui a pris la parole pour déclarer que les Etats-Unis redéploient leurs troupes en Irak mais ne quittent pas le pays. "Aucune décision n'a été prise de quitter l'Irak. Point", a déclaré à la presse le ministre américain de la Défense. "Cette lettre ne correspond pas à notre état d'esprit aujourd'hui".

En Irak, une base américaine "extraordinairement chère"

Jusqu’à l’arrivée la semaine dernière de plusieurs centaines de soldats pour protéger l'ambassade américaine à Bagdad, attaquée ce mardi par des milliers de pro-Iran, les Etats-Unis comptaient 5.200 militaires en Irak. Dimanche 5 janvier, après que le Parlement irakien a voté pour pousser le gouvernement à retirer sa demande d’aide internationale face à l’EI (ce qui ferait que les troupes américaines ne seraient plus les bienvenues), Donald Trump avait très mal réagi, en évoquant "des sanctions comme ils n’en ont jamais vu auparavant" dans l’éventualité d’un départ sur une base autre que "très amicale". "Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire. Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas!", déclarait-il. La lettre envoyée par erreur venait donc à contre-courant de ce discours virulent, d’où la confusion la plus totale jusqu’au démenti de Washington. 

 Le ministre américain de la Défense l'a cependant affirmé :  "Les Irakiens ne veulent pas que nous partions". Mark Esper a mis en doute la légitimité du vote au parlement irakien qui, non-contraignant, n'a d'ailleurs donné lieu pour l'instant à aucune suite de la part du gouvernement :  "Aucun des Kurdes n'a participé, la quasi-totalité des sunnites n'a pas participé et beaucoup de chiites ont participé sous la menace", estime le chef du Pentagone.

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