La Chine accuse l'ex-chef d'Interpol d'avoir "accepté des pots-de-vin"

La Chine accuse l'ex-chef d'Interpol d'avoir "accepté des pots-de-vin"

INTERNATIONAL - Au lendemain de l'annonce de sa démission "avec effet immédiat", dimanche 7 octobre, et alors que son épouse a fait valoir que sa vie était en danger, l'ex-directeur d'Interpol a été accusé par son pays, la Chine, d'avoir "accepté des pots-de-vin".

Meng Hongwei "a accepté des pots-de-vin et est soupçonné d'avoir violé la loi". Au lendemain de l'annonce de sa démission par Interpol, le ministère de la Sécurité publique a formulé des accusations directes contre l'ancien patron de cette institution, sans fournir davantage de précisions. "Il est actuellement visé par une enquête car il est soupçonné d'avoir  violé la loi", a poursuivi le ministère, sans qu'on sache si les accusations valent pour son activité à Interpol ou dans le cadre de ses fonctions ministérielles.

Ce dimanche, Interpol avait annoncé sur son site Internet avoir reçu la démission de son patron chinois Meng Hongwei. Une mesure qui prenait effet immédiatement. Jusqu'à ce dimanche, Meng Hongwei, 64 ans, n'avait plus donné de ses nouvelles depuis le 25 septembre. Plus tôt dans la journée, son épouse avait déclaré lors d'une conférence de presse à Lyon, où est installé le siège de l'organisation policière aux 192 pays membres, qu'elle pensait son mari en danger. 

"Attends mon appel"

En effet, le 25 septembre dernier, ce dernier - qui venait d'arriver en Chine où il aurait été emmené par les autorités dès son atterrissage  - lui avait envoyé un premier message sur un réseau social indiquant : "Attends mon appel". Puis un second message est arrivé comprenant seulement un émoticône représentant un couteau, d'après Grace Meng, qui a été mise depuis sous protection policière. 

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La Commission centrale d'inspection disciplinaire du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, chargée de la répression de la corruption de fonctionnaires, a pour sa part fait savoir par le biais d'un communiqué que celui qui occupe également les fonctions de vice-ministre chinois de la Sécurité publique "est actuellement visé par une enquête car il est soupçonné d'avoir violé la loi". 

Nommé fin 2016, Meng Hongwei n'est pas le premier haut responsable chinois à être visé par la campagne anti-corruption lancée par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir fin 2012.  Plus de 1,5 million de cadres ont fait les  frais de cette campagne, également soupçonnée de servir à éliminer des opposants internes à la ligne de M. Xi.

Samedi, le secrétaire général d'Interpol, l'Allemand Jürgen Stock, avait demandé à la Chine "une clarification" sur la situation de Meng Hongwei. Une enquête pour disparition a été ouverte en France et Paris a fait part vendredi de son "interrogation" sur la situation de M. Meng, en se disant "préoccupé" par les menaces reçues par son épouse. Interrogé lundi par l'AFP, le Quai d'Orsay a simplement déclaré prendre acte de la démission du haut responsable chinois et a rappelé le "plein soutien" de Paris aux travaux d'Interpol. 

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