La Corée du Nord accusée de poursuivre secrètement son programme nucléaire

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RAPPEL A L'ORDRE - La Corée du Nord s’est engagée au printemps dernier à cesser ses activités nucléaires. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, Pyongyang poursuivrait cependant son programme en cachette, éloignant, de fait, la dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" exigée par les États-Unis.

D’après un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique diffusé ce mardi, tout indique que laboratoires et réacteurs nord-coréens sont encore en activité. Telles n'étaient pourtant pas les intentions affichées au printemps par son dirigeant Kim Jong-un, lors du sommet intercoréen d’avril, lors duquel le dirigeant et son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, s’étaient engagés à travailler à la "dénucléarisation complète de la péninsule".


Un engagement d'ailleurs réitéré le 12 juin, lors d’une rencontre sans précédent avec le président américain Donald Trump à Singapour, qui avait été suivi, en juillet, par le démantèlement d’un site de missiles.

Toujours dans ce rapport destiné à être soumis à l’assemblée générale annuelle de l’AIEA en septembre, Yukiya Amano, directeur général de l’agence, estime même que "la poursuite et le développement du programme nucléaire de la République démocratique populaire de Corée du Nord sont extrêmement préoccupants". 


Jugeant "profondément regrettables" ces activités violant les résolutions du conseil de sécurité de l'Onu, Yukiya Amano appelle une nouvelle fois la Corée du Nord à "remplir pleinement ses obligations" internationales. 

Les Etats-Unis restent confiants

Qu'est-ce qui ne va pas dans les faits ? Plusieurs choses. Tout d'abord, l’agence onusienne, qui n’est plus présente en Corée du Nord depuis l’expulsion de ses inspecteurs en avril 2009, relève qu'elle dispose d’indications sur des activités liées au "laboratoire radiochimique" nord-coréen "entre fin avril et début mai 2018", soit après le sommet inter-coréen d’avril. Elle assure en outre que le réacteur expérimental de Yongbyon poursuit son "cycle opérationnel" engagé en décembre 2015.


L’AIEA souligne par ailleurs que Pyongyang poursuit la construction de son réacteur à eau légère, ainsi que l’extraction et la concentration d’uranium sur son site de Pyongsan. Nous sommes donc loin de la dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" exigée par les États-Unis.


Le Département d’État américain a toutefois jugé la semaine dernière que les discussions avec la Corée du Nord allaient "dans la bonne direction", évoquant la tenue de réunions à huis clos entre Washington et Pyongyang. Les deux Corée doivent tenir un nouveau sommet en septembre, à Pyongyang.

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