Pyongyang se targue d'avoir testé une bombe H, Washington évoque "une réponse militaire massive"

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NUCLÉAIRE - La Corée du Nord affirme avoir procédé à un essai nucléaire, assurant qu'il s'agit du test d'une bombe H. Les condamnations de la communauté internationale se multiplient. Les Etats-Unis promettent quant à eux "une réponse militaire massive" en cas de menaces de Pyongyang.

La Corée du Nord a procédé à un sixième essai nucléaire ce dimanche. Après des soupçons de la Corée du Sud et de la Chine, un séisme de magnitude de 6,3 ayant été ressenti dans la région à 5h30 heure française, Pyongyang a confirmé dans la matinée avoir testé une bombe H. Une "réussite totale", selon le régime, qui, par le biais de sa télévision officielle, a expliqué que cette bombe pourra être montée sur un missile.


Une deuxième secousse avait été enregistrée par l'institut sismologique chinois, huit minutes après le premier séisme, cette fois-ci de magnitude 4,6, également à zéro kilomètre de profondeur, correspondant, selon l'institut, à un "effondrement". La localisation de ce deuxième séisme était identique au premier. Des habitants de la ville chinoise de Yanji, située à la frontière avec la Corée du Nord, ont dit avoir ressenti une secousse d'une dizaine de secondes, suivie d'une réplique.

Une possible première pour la Corée du Nord

La Corée du Nord avait affirmé dès janvier 2016, lors de son quatrième essai nucléaire, avoir testé avec succès une bombe H "miniaturisée". Soit une bombe bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire. Mais l'explosion n'ayant dégagé qu'une puissance limitée, ne provoquant qu'un séisme de magnitude de 5,1, les experts doutaient alors qu'il s'agisse réellement d'une bombe H. Cette fois, alors qu'il faudrait des semaines avant de vérifier ce test, des spécialistes sud-coréens estiment que la puissance de la secousse détectée était de cinq à six fois supérieure à celle du dernier essai nucléaire en date, conduit en septembre 2016. Certains évoquent une bombe d'une mégatonne.

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La Chine condamne "vigoureusement" ce nouveau test

Les réactions internationales ne se sont en tout cas pas fait attendre. Tandis que le Japon a, par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, qualifié ce test d'"extrêmement impardonnable" et que la Corée du Sud a demandé "la punition la plus forte" contre Pyongyang, la Chine, habituel soutien du régime de Kim Jong-un, a, cette fois, "condamné vigoureusement" ce nouvel essai nucléaire. Dans la même veine, la Russie a estimé que le test "mérit[ait] la plus forte condamnation", tout en lançant un appel au calme.

Macron appelle à "réagir avec la plus grande fermeté"

Le président français Emmanuel Macron s'est lui aussi exprimé sur la question : "La communauté internationale doit traiter cette nouvelle provocation avec la plus grande fermeté", indique l'Elysée, ajoutant que le chef de l'Etat "appelle les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à réagir rapidement à cette nouvelle violation par la Corée du Nord du droit international, du régime de non-prolifération nucléaire et des résolutions du Conseil (...), il souhaite également une réaction unie et claire de l'Union européenne".

Emmanuel Macron s'est également entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel, puis avec le président du conseil italien Paolo Gentiloni pour évoquer les conséquences de cet essai nucléaire. Ils ont convenus de rester en contact dans les prochaines heures.

"Une réponse militaire massive" des Etats-Unis en cas de menaces

De son côté, Donald Trump a comme à son habitude choisi Twitter pour réagir et prôner une extrême fermeté à l'égard de la Corée du Nord. 

Pour le président américain, une politique d'"apaisement" envers Pyongyang, qui mène des actions "très hostiles et dangereuses pour les Etats-Unis" et est devenu "une grande menace et une source d'embarras pour la Chine", "ne fonctionnera pas". Il réunira dimanche son équipe de sécurité nationale. 


Mais au cours de la journée, il a déjà évoqué la possibilité de déclarer la guerre à la Corée du Nord. La correspondante de NBC News à la Maison Blanche a rapporté un échange entre un journaliste et le président américain. À la question "allez-vous attaquer la Corée du Nord ?", Donald Trump a répondu d'un simple "Nous verrons bien", montrant qu'il n'était pas farouchement opposé à cette éventualité.

Plus tard dans la journée, Washington a même promis une "réponse militaire massive" en cas de menaces de la Corée du Nord visant le territoire américain ou ses alliés. "Nous avons de nombreuses options militaires (...) Nous avons la capacité de nous défendre et de défendre nos alliés, la Corée du Sud et le Japon", a déclaré Le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis. Il a précisé que les Etat-Unis ne cherchaient en aucune manière "l'anéantissement total" de la Corée du Nord.


Au niveau du Trésor américain, Steven Mnuchin, a annoncé sur la chaîne Fox News qu'"une série de sanctions" était en préparation. Ajoutant : "Ceux qui font des affaires avec eux (la Corée du Nord) ne pourront pas faire des affaires avec nous. Nous travaillerons avec nos alliés. Nous travaillerons avec la Chine".

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