La croisière, une autre voie pour fuir la Syrie

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CRISE MIGRATOIRE - Chaque jour, des centaines de croisiéristes quittent le Liban direction la côte turque. Officiellement, pour un voyage de découverte des beautés de la Méditerranée. Il s’agit en réalité de réfugiés, qui prennent un aller simple pour fuir la guerre.

Chaque jour, des centaines de croisiéristes quittent le port libanais de Tripoli vers la côte turque. Officiellement, il s’agit de découvrir le riva méditerranéen. Sauf qu’en réalité, il s’agit de passagers particuliers : la majorité d’entre eux sont des Syriens, qui tentent de fuir la guerre qui ravage leur pays.

La ligne de croisière a été lancée en 2010, soit un an avant le début de la guerre, avec deux voyages par semaine. Elle est depuis passée "à quatre trajets par jour"" et il y a eu "28.000 passagers pour le seul mois d'août contre 54.000 pour la totalité de 2014", indique le directeur du port, Ahmad Tamer. Sur un millier de personnes montées à bord, seule une cinquantaine de croisiéristes libanais font le voyage retour. La croisière de 13 heures pour Tasucu coûte 170 dollars contre 270 dollars pour le paquebot accostant à Mersin après un trajet de sept heures.

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"90% des passagers sont des Syriens"

Les voyageurs appartiennent à la classe moyenne et ont l'avantage de posséder un passeport, les Syriens n'ayant pas besoin de visa pour entrer en Turquie. Les habitants du littoral, tenu par le régime de Bachar al-Assad, se sont ainsi tournés vers le Liban lorsque les portes de la Turquie se sont closes avec la fermeture du poste-frontière de Kassab (ouest) à la suite de combats entre armée et rebelles. "90% des passagers sont des Syriens", souligne la Sûreté générale libanaise.

Toutefois, une fois arrivés dans les ports de Mersin ou Tasucu, dans le sud de Turquie, ils devront payer un prix exorbitant à des trafiquants pour tenter de rejoindre, au péril de leur vie, les rives de l'Europe, comme l'ont déjà fait avant eux des centaines de milliers de leurs compatriotes. Un responsable de l'Union européenne avait estimé fin septembre que "la prochaine grande vague" de migrants en Europe pourrait venir du Liban, petit pays qui accueille plus d'un million de réfugiés syriens, soit le quart de sa population.

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