La double face du président Xi Jinping : anti-corruption et anti droits de l'homme

La double face du président Xi Jinping : anti-corruption et anti droits de l'homme

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CHINE – Xi Jinping, en visite d'Etat en France pour trois jours, est un président aussi puissant que pétri de paradoxes. Si d'un côté il combat la corruption qui gangrène son pays, de l'autre il fait emprisonner ses opposants.

En Chine on l'appelle le "prince rouge". Xi Jinping, en visite d'Etat en France jusqu'à vendredi, a conquis toutes les marches du pouvoir. Depuis son arrivée à la tête de l'Etat en mars 2013, il ne parle que de son "rêve chinois" pour faire de son pays une superpuissance. Pour cela, il a lancé un train de réformes, de l'assouplissement de la politique de l'enfant unique à la fermeture des camps de rééducation par le travail. Mais son plus gros chantier reste son combat contre la corruption qui empoisonne le régime. "Chez les membres et les cadres du parti, il y a un problème de corruption, certains acceptent des pots de vins, et se sont déconnectés du peuple", déclarait-il en prenant les rênes du pays.

Tolérance zéro donc pour Xi Jinping, qui affirmait encore récemment : "Chaque responsable doit savoir que la loi est la ligne jaune qui ne doit pas être franchie et tous ceux qui tentent de placer leur pouvoir au-dessus de la loi ou qui essaient de tordre la loi pour des raisons égoïstes commettent une faute sérieuse". Des menaces mises à exécution : sa purge sans merci et sans précédent au sommet du parti a permis l'arrestation de l'ex-numéro deux de l'armée, du numéro trois de la police ou encore de 180.000 bureaucrates.

Un prédateur de la liberté d'information

Mais s'il endosse bien volontiers le costume de réformateur, Xi Jinping reste un autocrate à la tête d'un Etat policier. Le président chinois s'est sans complexe arrogé de nouveaux pouvoirs, en prenant directement la tête de l'armée, des services secrets et de la censure sur Internet, créant même un nouvel organe de surveillance. Xi Jinping n'hésite pas non plus à faire emprisonner ses opposants politiques, comme l'éditeur Yao Wentian qui prévoyait de publier contre lui un pamphlet et croupit aujourd'hui dans une geôle.

Reporters sans frontières accuse le régime de "traitements inhumains perpétrés contre les cyberdissidents et activistes qui tentent de révéler au monde les violations quotidiennes des droits de l’homme et les exactions subies par leurs défenseurs". Et dénonce, sans faille, la venue à Paris de Xi Jinping , ce "prédateur de la liberté de l’information".

Enfin, la Chine reste le pays qui exécute le plus au monde. Bien que Pékin ne communique aucun chiffre, les mises à mort seraient de plus de 4000 par an.

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