La Fed relève ses taux directeurs : de quoi parle-t-on ?

La Fed relève ses taux directeurs : de quoi parle-t-on ?

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ECONOMIE - Mercredi, la réserve centrale américaine (Fed) a décidé de relever ses taux d'un quart de point. Une décision saluée par les marchés mondiaux. Pourquoi ? Eléments de réponse.

Une page se tourne. Depuis près de dix ans, la Banque centrale américaine (Fed) n'avait plus relevé ses taux, privilégiant le soutien nécessaire à une économie laminée par la crise financière de 2008 grâce à des taux proches de zéro. Mais cette politique a vécu. Mercredi, en effet, la Fed a annoncé le relèvement des taux d'un quart de point, les faisant désormais évoluer dans une fourchette comprise entre 0,25% et 0,50%, très loin cependant des 5% auxquels ils se trouvaient encore en 2007, juste avant l’éclatement de la crise des subprime. Cette hausse n'en constitue pas moins un vrai changement dans la politique monétaire américaine qui repoussait jusqu'à présent une décision inéluctable.

L'économie américaine va mieux

Concrètement, pour permettre le redémarrage de l'économie américaine, les taux étaient jusqu’alors maintenus au plus bas afin de faciliter le crédit et inciter les épargnants à investir plutôt que laisser dormir leur fonds sur des placements devenus très peu rémunérateurs. Une politique efficace puisque après sept ans environ, l'économie américaine affiche aujourd'hui un taux de croissance plus qu’honorable de 3,7% et le quasi plein emploi.

Dans ces conditions, difficile en effet de maintenir des taux nuls au risque de provoquer une surchauffe de l’économie et une flambée des prix. Cependant, si l'économie outre-Atlantique va mieux, les Américains n’ont pas retrouvé leur frénésie dépensière à en croire le taux d'inflation qui continue, lui aussi, à flirter avec le zéro.

Le risque d'une nouvelle crise

La motivation de la Fed et sa directrice Janet Yellen de remonter aujourd'hui les taux est donc à rechercher, du moins en partie, ailleurs. Sans doute d'abord du côté des marchés et des risques que font peser une trop longue période de taux d'intérêt nuls. En effet, en l'absence de placements rémunérateurs, les spéculateurs peuvent avoir tendance à développer des stratégies de placements à risque susceptibles de provoquer une nouvelle crise. Celle-ci d'ailleurs pourrait venir des pays émergents, estiment nombre d’experts. En effet, des pays comme le Brésil, la Turquie ou encore l'Afrique du Sud ont vu leur croissance soutenue ces dernières années par l'investissement en provenance de pays comme les Etats-Unis. Une croissance toutefois fragile qui supporterait mal un nouveau krach. Or, le ralentissement de l’économie chinoise, notamment, incite à la prudence.

Mieux vaut dans ces conditions se donner une marge de manœuvre pour jouer à nouveau sur les taux d'intérêt et soutenir l’économie le moment venu, se dit la Fed. Janet Yellen n'a pas déclaré autre chose en commentant la décision de l'institution américaine qu'elle dirige : "Ce qu'on veut éviter, c'est une situation où on aurait attendu trop longtemps au point de nécessiter de resserrer les taux de façon brutale, ce qui pourrait couper court à ce qui, j'espère, sera une croissance durable."

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