La femme qui accuse Joe Biden d’agression sexuelle l’appelle à se retirer de la course à la présidentielle

La femme qui accuse Joe Biden d’agression sexuelle l’appelle à se retirer de la course à la présidentielle
International

ETATS-UNIS - Accusant Joe Biden de l’avoir agressée sexuellement dans les couloirs du Congrès en 1993, Tara Reade aimerait que le candidat démocrate à la présidentielle américaine renonce à sa campagne. L’ancien vice-président dément les accusations de son ex-collaboratrice.

Les jours passent, et l’ombre qui plane sur la campagne présidentielle de Joe Biden ne se dissipe pas. Depuis l’abandon de Bernie Sanders, l’ancien vice-président de Barack Obama est seul en piste côté démocrate pour affronter Donald Trump en novembre. Mais Joe Biden, 77 ans, doit faire face à une accusation d’agression sexuelle. 

Son accusatrice, Tara Reade, 56 ans, une ancienne collaboratrice, a donné jeudi 7 mai sa première interview face caméra. Dans celle-ci, elle a fait part de son souhait de voir le candidat démocrate renoncer à la course à la Maison Blanche. "Vous voulez qu'il se retire ?", lui demande la journaliste Megyn Kelly. "J'aimerais qu'il le fasse mais il ne le fera pas", répond Tara Reade, estimant qu'il était "un peu tard" pour qu'il lui présente des excuses. 

L’agression remonterait à 1993. Dans un couloir du Congrès, Joe Biden alors sénateur aurait plaqué contre un mur Tara Reade, âgée de 29 ans à l’époque, avant de passer sa main sous ses vêtements et de la pénétrer avec ses doigts. Une accusation que l’ex-vice-président dément. Il a assuré le 1er mai dernier que les faits qui lui sont reprochés ne sont "jamais arrivés". 

Détecteur de mensonges

Tara Reade, elle, se dit prête à témoigner sous serment. Défendue par l’avocat Douglas Wigdor, connu par ailleurs pour avoir représenté six des accusatrices d’Harvey Weinstien, ou encore Nafissatou Diallo contre Dominique Strauss-Kahn, Tara Reade a également déclaré lors de son intervention télévisée qu’elle serait d’accord pour se soumettre à un détecteur de mensonge, si Joe Biden faisait la même chose.

Si Joe Biden a pointé qu'il n'existait pas de "trace écrite" de la plainte qu'aurait déposée Tara Reade au moment des faits, le San Luis Obispo Tribune a cependant obtenu un document du tribunal remontant à 1996, dans lequel le mari de Tara Reade à l'époque, Theodore Dronen, déclare que sa femme lui a parlé  d'un "problème de harcèlement sexuel au travail, dans le bureau du sénateur des Etats-Unis Joe Biden".

Pour sa part, la directrice de campagne adjointe de M. Biden a publié jeudi une déclaration contestant certaines des affirmations de Reade. "De plus en plus d'incohérences continuent d'apparaître", a déclaré Kate Bedingfield, selon le Washington Post. "Les femmes (...) doivent pouvoir se présenter et partager leurs histoires sans crainte de représailles ou de préjudices", a-t-elle poursuivi. "En même temps, nous ne pouvons jamais sacrifier la vérité. Et la vérité est que ces allégations sont fausses et que les documents qui ont été présentées pour les étayer, si on les examine, continuent de prouver leur fausseté".

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Interrogé par une télévision locale après la diffusion de l’interview de son ancienne assistante, Joe Biden de son côté a répété qu’il démentait les accusations. "Ce qui compte c’est la vérité, a-t-il dit. Dans le cas présent, la vérité est que ces affirmations sont complètement fausses". Joe Biden est actuellement en tête dans les sondages, profitant des critiques contre la gestion par Donald Trump de la pandémie de Covid-19.

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