La Française Emilie König, figure de Daech, arrêtée en Syrie : "Elle s'est repentie", assure sa mère

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CAPTURE – Figure du djihadisme français, Emilie König a été arrêtée par les forces kurdes en Syrie, où elle était partie rejoindre Daech dès 2012. Sa mère affirme qu'elle souhaite désormais rentrer en France. La trentenaire d’origine bretonne a longtemps joué un rôle important de propagandiste et de recruteuse.

Une figure du terrorisme hexagonal. La djihadiste française Emilie König a été arrêtée il y a quelques jours par les forces kurdes en Syrie, où elle était allée rejoindre les groupes islamistes dès 2012, a-t-on appris de sources concordantes. Partie pour rejoindre son mari (décédé depuis), membre de l'organisation qui allait devenir Daech peu après, la trentenaire d’origine bretonne est connue pour être l’une des premiers ressortissants français à avoir franchi la frontière turque pour prendre part au djihad dans la région syrienne. Sa mère, interrogée par Ouest France, a confirmé avoir pu lui parler après sa capture.  "J’ai eu Émilie au téléphone en fin de semaine dernière. Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée", a indiqué sa mère, assurant que sa fille souhaitait désormais rentrer en France.

"C'est une personnalité dans la communauté djihadiste, elle est très active sur les réseaux sociaux, sert à la propagande et au recrutement de volontaires", avait expliqué en 2015 un responsable de la lutte antiterroriste, assurant que les renseignements "la connaiss[aient] très bien". Selon RMC, qui a rapporté l'information de son interpellation, la jeune propagandiste-recruteuse est actuellement détenue "dans l’un des camps de réfugiés géré par les Kurdes". Un sort similaire à celui des trois combattants français  - dont Thomas Barnouin, proche des frères Clain et Merah - capturés mi-décembre

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Le djihadiste français Thomas Barnouin arrêté en Syrie

Sur la liste noire des Etats-Unis et de l’ONU

Fin septembre 2015, Emilie König s’était retrouvée au centre de l’attention après que les Etats-Unis avaient ajouté son nom à leur liste de "combattants terroristes étrangers". Un an plus tôt déjà, l’Onu avait aussi inscrit celle qui se fait désormais appeler Ummu Tawwab ("mère de celui qui pardonne") à son fichier des personnes associées à Al-Qaïda en Irak, lui valant des sanctions internationales et l’interdiction de voyager. Surveillée par les renseignements, elle avait été surprise en train d'appeler ses contacts en France pour les inciter à monter des attaques contre les institutions françaises et s’était retrouvée visée par une enquête sur le départ en Syrie d'une dizaine de jeunes gens de la région nîmoise.

Que cela plaise ou non à la France, à l’État français, je resterai toujours fermeEmilie König, en 2012

Née à Lorient d'un père gendarme ayant abandonné le foyer familial, Emilie König s’est convertie à l’islam à la fin de l'adolescence au contact de son premier mari, d'origine algérienne, emprisonné pour trafic de drogue. Elle apprend alors l'arabe, change son nom pour Samra, se voile intégralement, et commence à se radicaliser au contact du groupe islamiste nantais Forsane Alizza (dissous début 2012 à la demande du ministère de l’Intérieur). Militante pro-djihad assumée, elle se fait remarquer par les autorités de Bretagne à Paris, où elle participe régulièrement à des manifestations. "J’ai toujours été ferme et je resterai ferme jusqu’à mon dernier souffle. Que cela plaise ou non à la France, à l’État français, je resterai toujours ferme", déclarait-elle à l'époque à la sociologue Agnès De Feo, qui a réalisé un documentaire ("Emilie König vs Ummu Tawwab") à son sujet.

En 2012 toujours, après avoir provoqué un esclandre au tribunal de Lorient où elle se présente en niqab à une convocation, la jeune femme quitte la France et ses deux enfants pour rejoindre la Syrie. Si elle ne prend pas part aux combats, elle n’est pas discrète pour autant et apparaît fréquemment sur les réseaux sociaux. Dans des vidéos de propagande notamment. Des clips dans lesquels elle est parfois montrée en maniant des armes, parfois récitant des messages d’endoctrinement ou des appels à la guerre.


En 2015, une source proche des renseignements l’avait décrite à nos confrères de l’AFP comme "une excitée" qui aurait elle-même déclaré vouloir mourir en martyr en perpétrant un attentat-suicide. 

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