La France et le Rwanda se déchirent à nouveau

La France et le Rwanda se déchirent à nouveau

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DIPLOMATIE - Le Rwanda commémore lundi le génocide perpétré il y a 20 ans. La France, dont la participation à ce massacre a une nouvelle fois été dénoncée par le président Kagame, a annulé en réaction le déplacement de Christiane Taubira.

La réconciliation entre la France et le Rwanda attendra encore. Alors que se dérouleront lundi à Kigali les cérémonies commémorant le vingtième anniversaire du génocide qui a fait 800 000 morts parmi les Tutsi et les Hutu modérés, Paul Kagame a une nouvelle fois dénoncé le rôle de la France dans ce drame. Dans le magazine Jeune Afrique paru dimanche, le président rwandais ne mâche pas ses mots, accusant les soldats français d'avoir été "complices" et "acteurs" des massacres. Il souligne ainsi "le rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même".

Réagissant à ces propos, le ministère des Affaires étrangères a annoncé samedi l'annulation du voyage de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, choisie par François Hollande pour participer aux commémorations. "Ces accusations sont en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation engagé depuis plusieurs années", a réagi un porte-parole du Quai d'Orsay. Mais la colère de Paris n'a pas été jusqu'à empêcher l'ambassadeur français à Kigali, Michel Flesch, de se rendre aux cérémonies.

Une réaction "excessive" selon le Rwanda

Ministre des Affaires étrangères à l'époque du génocide, en 1994, Alain Juppé a également vivement réagi, exhortant le président Hollande à "défendre l'honneur de la France" après cette "inacceptable mise en cause". Bernard Kouchner, qui avait oeuvré pour le rapprochement entre les deux pays en 2010 alors qu'il occupait ce même poste, a tenu des propos plus nuancés. "On peut accuser beaucoup la France sur les erreurs politiques qui ont été commises, sur la façon dont cela s'est déroulé (...) mais 'participation directe', ça je n'y crois pas", a-t-il affirmé.

La responsable rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, juge de son côté la réaction française "excessive". Rappelant que "l'histoire est l'histoire", elle a appelle La France à "regarder la vérité en face".

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