La fusillade de Charleston, un acte de terrorisme que peu s'autorisent à décrire ainsi

La fusillade de Charleston, un acte de terrorisme que peu s'autorisent à décrire ainsi
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INTERROGATION - Après la tuerie de Charleston, sur la côte est des Etats-Unis, les médias américains s'interrogent sur la façon de décrire les faits. Avec une question bien précise : faut-il parler de terrorisme ?

Après la fusillade de Charleston et ses 9 morts, la question est posée par de nombreux médias américains et commence à trouver un certain écho en France. Pourquoi cette tuerie, dont le principal suspect, Dylann Roof, est un jeune homme de 21 ans, est-elle si peu qualifiée comme du terrorisme ?

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Deux poids, deux mesures

C'est ainsi que, jeudi, The New York Times titrait un de ses articles de la façon suivante : "Beaucoup se demandent pourquoi la tuerie de Charleston n’est pas appelée ‘terrorisme’". "Les attaques comme celle du marathon de Boston, en 2013, sont largement décrites comme des actes de terrorisme perpétrés par des islamistes extrémistes."

De quoi se demander, ajoute le journal, qui se fait alors le porte-voix des défenseurs des droits de l’homme, "pourquoi les attaques envers les Afro-américains ou les musulmans américains sont très rarement décrites comme des actes de terrorisme. En outre, les assaillants blancs sont rarement décrits comme des terroristes par les autorités." Aucun doute, le deux poids, deux mesures est bien présent dans le compte-rendu des faits.

Un discours qui ne tiendrait pas compte de la réalité

Une problématique sur laquelle se penche également la chaine d’info en continu CNN , qui assure de façon très directe que “si l’attaque avait été menée par un musulman criant 'Allah akbar' [...] la personne serait rentrée parfaitement dans le discours politique et médiatique sur le fait que les militants musulmans sont le principal problème en matière de terrorisme aux Etats-Unis".

Problème : le discours est en décalage avec la réalité à en croire CNN qui explique, chiffre à l’appui, que les actes, de terrorisme donc, menés par des racistes – ce qui semble être le cas dans l’affaire de Charleston, ndlr – ou des extrémistes anti-gouvernement ont été plus nombreux depuis le 11-Septembre que les actes de terrorisme conduits par des djihadistes. "48 contre 26", assure CNN, qui cite des chiffres de New America .

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