"La laisser là-bas, ce serait la condamner à mort" : une mère demande le rapatriement de sa fille, détenue en Syrie

"La laisser là-bas, ce serait la condamner à mort" : une mère demande le rapatriement de sa fille, détenue en Syrie

TÉMOIGNAGE – Pascale Descamps appelle au "rapatriement sanitaire" de sa fille, détenue en Syrie, qui aurait été diagnostiquée d’un cancer du côlon. Pour l’heure, le Quai d’Orsay n’a pas répondu à sa demande.

Si Pascale Descamps prend à nouveau la parole aujourd’hui, c’est parce qu’"il y a urgence". Depuis Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) où elle vit, elle demande le rapatriement sanitaire de sa fille de 32 ans et de ses quatre petits-enfants de Syrie, détenus dans un camp kurde, "une véritable prison à ciel ouvert". Cinq ans après être partie en Syrie avec son compagnon de l’époque, la jeune femme française est entre les mains des Kurdes depuis mars 2019, d’abord dans le camp de Al-Hol, aujourd’hui dans celui de Roj, au nord du pays.

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Les médecins l'ont dit, elle a une chance sur deux de mourir- Pascale Descamps

Après des mois sans nouvelles, Pascale Descamps reçoit un message audio de sa fille le 17 novembre, qui lui annonce en pleurs avoir été diagnostiquée d’un cancer du côlon. Examinée dans un hôpital de la ville de Kameshli, capitale du Kurdistan syrien, la jeune femme perd beaucoup de sang, comme elle le raconte à sa mère dans un message vocal envoyé lundi 30 novembre depuis le téléphone central du camp. "Laisser ma fille dans ces conditions, ce serait la condamner à mort sans jugement", considère-t-elle, s’opposant donc "formellement à ce qu’elle soit opérée là-bas" : "Les médecins l’ont dit, elle a une chance sur deux de mourir." 

Une fois le choc passé, elle décide le lendemain d’alerter le Quai d’Orsay. Ses plusieurs mails et appels sont pour l’instant restés lettre morte. "Il faut que les autorités prennent leurs responsabilités au nom des conventions internationales et des droits de l’homme", estime Pascale Descamps, qui a déposé plainte auprès de l’Onu pour "actes de torture" et pris contact avec la Croix-Rouge. "C’est un combat difficile car on n’obtient pas de réponse", souffle-t-elle. "Une maman et une grand-mère dévorée par la souffrance et l’angoisse. Du côté des pouvoirs publics toujours rien, un silence assourdissant ; c’est cela que l’on qualifie de bienveillance et d’humanité dans les cercles du pouvoir", dénonce par ailleurs l’un de ses avocats, Maître Emmanuel Daoud, sur son compte Twitter. 

Si elle rentre et qu’elle survit, elle sera jugée et emprisonnée- Pascale Descamps

Un rapatriement en France serait lourd de conséquences, Pascale Descamps le sait et assure ne pas vouloir "dédouaner" sa fille de ses responsabilités : "On sait tous que si elle rentre et qu’elle survit, elle sera jugée et emprisonnée". Il y a un an, Pascale Descamps avait déjà tenté d’attirer l’attention des autorités françaises sur le sort de sa fille et de ses petits-enfants, sans grand succès. Aujourd’hui, un nouveau stade est franchi dans le combat qu’elle mène. "Plus on perd de temps, plus on aggrave le trauma de mes petits-enfants. Laisser une jeune fille mourir sous les yeux de ses enfants… Va-t-on la laisser agoniser encore longtemps ?" 

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L’ONG britannique Right and Security International, qui s’est rendue dans les camps de Roj et de Al-Hol, y rapporte la présence de 230 femmes et de 640 enfants étrangers, dont 80 femmes et 250 enfants de nationalité française. Les autorités kurdes, elles, appellent les pays occidentaux à rapatrier ces familles. 

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