La marine marocaine tire sur une embarcation de migrants et tue une femme de 22 ans

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MÉDITERRANÉE - Alors qu'elle était à bord d'une embarcation clandestine, une jeune femme a été tuée par les autorités marocaines, mardi 25 septembre, tandis que trois autres passagers ont été blessés, un d'entre eux se trouvant dans un état critique

La Marine royale marocaine a ouvert le feu mardi sur une embarcation de migrants en Méditerranée qui refusait de répondre à ses sommations. Une Marocaine de 22 ans est décédée, et trois autres sont blessés, dont un dans un état critique.


La Marine explique avoir été "contrainte" d'ouvrir le feu sur un "go fast" (puissante embarcation à moteur), piloté par un Espagnol qui "refusait d'obtempérer" dans les eaux marocaines au large M'diq-Fnideq (nord), ont annoncé les autorités locales dans un communiqué.

L'un des blessés est dans un "état critique, le bras amputé"

Quatre migrants, qui se trouvaient à bord, ont été touchés. Une Marocaine de 22 ans, originaire de Tétouan (nord) a succombé à ses blessures à l'hôpital. Ils "voyageaient couchés et n'étaient pas visibles", explique un représentant des autorités locales. 


Deux autres blessés sont originaires de la même ville, selon le président de l'Observatoire du nord pour les droits de l'Homme Mohamed Benaïssa, basé à Fnideq. Le troisième blessé vient d'Al-Hoceïma, la capitale régionale du Rif (nord) et se trouve dans un "état critique, le bras amputé" et a été transféré à Rabat.


Au total, "25 personnes naviguaient à bord du bateau, dont les passeurs qui sont espagnols". Le pilote espagnol n'a pas été touché par les tirs et a été arrêté, a déclaré le représentant des autorités locales. Une enquête a été ouverte.

Un tiers de la population touchée par l'exclusion sociale

Depuis début 2018, l'Espagne a enregistré 38.000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les autorités marocaines ont pour leur part indiqué avoir fait avorter 54.000 tentatives de passage vers l'Union européenne, depuis janvier.


Ces tentatives ont concerné 7100 Marocains, selon des chiffres présentés jeudi 20 septembre par le porte-parole du gouvernement marocain. Selon des statistiques officielles, le Maroc est marqué par de grandes inégalités sociales et territoriales, sur fond de chômage élevé chez les jeunes. Ceux-ci, qui représentent le tiers de la population, sont particulièrement touchés par l'exclusion sociale, avec 27,5% des 15-24 ans --soit près de 1,7 million de personnes-- hors du système scolaire et sans emploi.

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