La mort d'Andre Hill, un homme noir tué par un policier, secoue à nouveau les États-Unis

Manifestation le 24 décembre après la mort d'Andre Hill, un homme noir tué par balles par la police à Colombus, alors qu'il n'était pas armé.

INDIGNATION - La mort d'Andre Hill, tué par par la police dans la nuit du 21 au 22 décembre à Colombus, alors qu'il n'était pas armé, a provoqué l'indignation aux Etats-Unis. Il est la 96e victime noire d'un policier depuis George Floyd.

En seulement quelques semaines, deux hommes noirs sont tombés sous les balles de la police dans la ville Columbus, dans l'Ohio, provoquant l'indignation dans un pays traversé depuis le printemps par un mouvement historique contre les violences policières. Le dernier en date, Andre Maurice Hill, 47 ans, a été tué de plusieurs balles dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 décembre alors qu'il se trouvait dans le garage d'une maison où il avait garé sa voiture. La scène, filmée par les caméras-piéton des policiers, met directement leur responsabilité en cause.

La scène sans équivoque filmée par la caméra-piéton des policiers

Les forces de l'ordre avaient été appelées sur place pour un incident sans gravité. Les images de la caméra-piéton de l'agent montrent Andre Hill s'avancer vers le policier en tenant un téléphone portable dans la main gauche, son autre main restant invisible. Quelques secondes plus tard, l'agent fait feu et Hill s'écroule. Aucun son ne vient expliquer les circonstances des tirs. Adam Coy et son collègue attendront plusieurs minutes avant de s'approcher de la victime, alors encore vivante et qui décèdera plus tard.

Mercredi, le maire de Columbus, Andrew Ginther, s'est dit "scandalisé" par la mort d'Andre Hill. Il "était connu des résidents de la maison devant laquelle il avait garé sa voiture. C'était un invité, pas un cambrioleur", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse. Demandant le limogeage "immédiat" de l'agent, l'élu s'est dit encore plus "perturbé" par le fait que les deux policiers présents n'aient pas donné les premiers secours à Andre Hill. Dans un tweet publié ce mardi, il s'emporte de plus sur le fait que les agents n'aient allumé leurs caméras-piéton qu'après la fusillade, "ce qui est inacceptable".

Malgré tout, explique CNN, une fois les appareils mis en marche, ceux-ci fournissent l'enregistrement des 60 dernières secondes. La scène a donc bien été enregistrée et transmise à la police. A la vue des ces images, qui sont privées de son, le chef de la police de la ville, Thomas Quinlan , a estimé qu'il avait vu tout ce dont il avait besoin pour "arriver à la conclusion que l'officier Coy doit être licencié, immédiatement". Des poursuites pour mauvaise conduite grave vont d'autre part être lancées en interne contre lui, en vue de son limogeage. "Nous avons un agent qui a violé son serment de respecter les règles et les politiques de la police de Columbus", a expliqué Thomas Quinlan dans un communiqué. "Et les conséquences de cette violation sont telles qu'elles demandent une action immédiate. Cette violation a coûté sa vie à un innocent". Selon les médias locaux, l'agent a déjà été visé par des plaintes pour usage excessif de la force. La brigade criminelle de l'Ohio a de son côté ouvert une enquête judiciaire.

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Un autre homme abattu quelques semaines plus tôt alors qu'il venait d'acheter des sandwiches

Jeudi, quelques dizaines de personnes ont manifesté jeudi après-midi dans le quartier où Andre Hill a été tué, pour dénoncer les violences policières contre les Afro-américains et demander justice. Il est la 96e victime noire d'un policier depuis George Floyd.

Trois semaines plus tôt, le 4 décembre, Casey Goodson Jr., 23 ans avait été atteint de plusieurs balles alors qu'il rentrait chez lui après avoir acheté des sandwiches. "Encore une fois, des agents voient un homme noir et concluent que c'est un criminel dangereux", s'est indigné mercredi l'avocat Ben Crump, qui défend plusieurs familles de victimes dont celle de George Floyd. Le décès de ce dernier fin mai a provoqué une vague de manifestations contre le racisme et les violences policières dans le pays.

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