La mort de la doyenne de la Cour suprême plonge les Etats-Unis dans une nouvelle bataille politique

Etats-Unis : l'hommage de Donald Trump à la juge Ruth Bader Ginsburg
International

ICÔNE - La juge progressiste et doyenne de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg s'est éteinte vendredi à l'âge de 87 ans. Le président américain Donald Trump pourrait vouloir imposer un candidat conservateur avant l'élection du 3 novembre, ce que son adversaire Joe Biden veut à tout prix éviter.

Sa disparition pourrait changer le visage de l'Amérique. La doyenne de la Cour suprême des États-Unis Ruth Bader Ginsburg est décédée vendredi 18 septembre à l'âge de 87 ans, laissant vacant son poste, ce qui augure d'une intense bataille politique avant la présidentielle du 3 novembre. Cette juge progressiste, devenue une icône à gauche, est morte des suites d'un cancer du pancréas, entourée par sa famille, a annoncé la plus haute juridiction américaine dans un communiqué. 

Fragile depuis quelques années, cette pionnière de la cause des femmes, des minorités ou encore de l'environnement, avait été hospitalisée à deux reprises cet été. Ses bulletins de santé étaient suivis de près par les démocrates, qui craignent que le président Donald Trump et ses alliés s'empressent de nommer un juge conservateur pour ancrer l'institution encore plus à droite. Le milliardaire républicain, informé de son décès à la fin d'un meeting dans le Minnesota, a salué une "vie exceptionnelle", sans lever le voile sur ses intentions, avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".  

Adversaire de Trump à la Maison-Blanche, Joe Biden a lui rendu un hommage appuyé à la magistrate la plus connue des États-Unis. "Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a-t-il souligné, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer, à moins de sept semaines du scrutin. "Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat", a affirmé l'ancien vice-président de Barack Obama dans une déclaration à la presse.

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Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment- Ruth Bader Ginsburg, à sa fille avant son décès

Selon la radio NPR, la juge "RBG", comme elle avait été surnommée, avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort. Mais Donald Trump pourrait en faire fi. Il avait indiqué en août qu'il n'hésiterait pas à nommer un juge à la Cour suprême même très près de l'élection. "J'avancerai vite", avait-il déclaré sur une radio conservatrice. Soucieux de galvaniser les électeurs de la droite religieuse, il a depuis publié une pré-sélection de candidats, des juges conservateurs, pour la plupart opposés à l'avortement et favorables au port d'armes, des terrains où il est attendu. 

Selon la Constitution, une fois son choix arrêté, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale. Toutefois, si les républicains disposent d'une majorité de 53 sièges sur 100 à la chambre haute, certains élus modérés, qui font face à des campagnes de réélection compliquées, pourraient faire défection et chaque camp va, sans aucune doute, déployer les grands moyens pour tenter de les convaincre.

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"La bataille politique va être énorme" parce que si Donald Trump obtient gain de cause, "la Cour suprême deviendra la plus conservatrice depuis un siècle", a prédit le professeur de droit Carl Tobias. Aujourd'hui, les cinq juges conservateurs - sur neuf - ne font en effet pas bloc, et il est fréquent que l'un d'entre eux vote avec ses confrères progressistes. Or, la Cour est l'arbitre de tous les grands sujets de société aux États-Unis : avortement, droit des minorités, port d'armes, peine de mort...

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